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Biden en Afrique : l’enjeu d’une visite en fin de mandat

Après une absence prolongée de visites présidentielles américaines sur le continent africain, Joe Biden se rend en Angola ce 2 décembre 2024, marquant une étape historique dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique. Ce déplacement, d’une durée de 48 heures chez le président João Lourenço, intervient à la fin du mandat du président démocrate,…

Après une absence prolongée de visites présidentielles américaines sur le continent africain, Joe Biden se rend en Angola ce 2 décembre 2024, marquant une étape historique dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique. Ce déplacement, d’une durée de 48 heures chez le président João Lourenço, intervient à la fin du mandat du président démocrate, à quelques semaines de l’investiture de Donald Trump. Il s’inscrit dans une stratégie géopolitique visant à repositionner les États-Unis sur un continent devenu un terrain de rivalités entre grandes puissances, notamment la Chine et la Russie.

Depuis la dernière visite d’un président américain en Afrique, effectuée par Barack Obama en Tanzanie en 2013, l’intérêt des États-Unis pour le continent semblait s’être dissipé, notamment sous la présidence de Donald Trump. En dépit de la tenue de sommets Afrique-États-Unis, la présence américaine a été éclipsée par celle des puissances émergentes telles que la Chine, l’Inde et la Russie. Le continent, riche en ressources naturelles stratégiques et en opportunités économiques, est devenu un enjeu majeur de la compétition internationale.

Joe Biden, qui avait promis dès le début de son mandat de renforcer les liens avec l’Afrique, répond à cet appel en choisissant l’Angola comme destination pour sa première visite présidentielle sur le continent. Cette décision vise à consolider des partenariats économiques et sécuritaires, tout en répondant à l’influence croissante de Pékin dans la région.

Le projet phare : le Corridor de Lobito

Au centre de cette visite figure le Corridor de Lobito, un projet ferroviaire transcontinental soutenu par les États-Unis et l’Union européenne. Cette infrastructure stratégique vise à relier le port angolais de Lobito à la République démocratique du Congo (RDC) et à la Zambie, facilitant l’acheminement de matières premières stratégiques telles que le cuivre et le cobalt. Ce projet est perçu comme une réponse directe à l’initiative chinoise des Nouvelles Routes de la Soie, offrant une alternative aux investissements chinois en Afrique.

Outre les infrastructures, la visite de Joe Biden mettra l’accent sur la coopération en matière de sécurité régionale et de gouvernance. Le gouvernement américain entend renforcer son partenariat avec Luanda dans la lutte contre les menaces transnationales, tout en explorant des opportunités d’investissement dans des secteurs clés tels que l’énergie et les technologies vertes.

Cependant, cette dynamique est accompagnée de critiques. Des ONG américaines et internationales pointent les restrictions des libertés civiles en Angola ainsi que l’impact environnemental et social de l’exploitation des ressources naturelles. Ces préoccupations pourraient ternir l’image des États-Unis comme partenaire engagé dans un développement durable et inclusif.

Une visite symbolique mais tardive

Initialement prévue pour octobre, la visite avait été reportée en raison d’un ouragan en Floride. Malgré ce retard, les responsables américains affirment que ce déplacement, bien qu’en fin de mandat, est loin d’être insignifiant. « Ce n’est ni trop tard ni trop peu », a déclaré un haut responsable du département d’État américain, soulignant l’importance de ce geste dans un contexte où les États-Unis cherchent à regagner leur influence en Afrique.

Cette visite, la première d’un président américain en Angola, s’inscrit dans une volonté de Joe Biden de poser les bases d’une coopération durable avec l’Afrique. Elle reflète également son ambition de laisser un héritage diplomatique marqué par un engagement renouvelé envers le continent. En revanche, l’arrivée prochaine de Donald Trump à la Maison-Blanche soulève des incertitudes quant à la continuité de cette stratégie, Trump ayant manifesté peu d’intérêt pour l’Afrique lors de son précédent mandat.

Le voyage de Joe Biden en Angola est une étape stratégique et symbolique dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique. Il souligne l’importance du continent dans les enjeux géopolitiques contemporains, tout en mettant en lumière les défis d’une coopération équilibrée et durable. En honorant sa promesse d’aller en Afrique, Biden laisse une empreinte diplomatique qui, bien qu’en fin de mandat, pourrait influencer les relations futures entre Washington et le continent.

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