Les réserves brutes des banques opérant dans les six pays (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), avant les opérations monétaires, sont en baisse de 3,9% en glissement trimestriel. Passant de 951,9 milliards de FCFA (environ 1,5 milliard USD) en avril 2024 à 915,2 milliards de FCFA (1,4 milliard USD) en juillet 2024. L’information est révélée par le bulletin économique et statistique (BES) de septembre 2024 de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC).
Dans ce document, la banque centrale indique que « cette tendance baissière des réserves brutes du système bancaire s’explique par l’injection de liquidité via les facteurs autonomes de la liquidité bancaire (FALB), dont le solde est revenu de 1.806 milliards de FCFA (2,8 milliards USD) à fin avril 2024 à 1.449 milliards de FCFA (près de 2,3 milliards USD) à fin juillet 2024 ». A l’analyse, cette variation de la solde des FALB s’explique principalement par l’évolution des avoirs extérieurs et des autres postes nets, dont les effets restrictifs induits par leur baisse n’ont pas pu être compensés par les effets expansifs découlant de la dynamique des facteurs tels que les créances nettes sur les gouvernements et la circulation fiduciaire.
Pour ce qui est des réserves obligatoires, le montant à constituer par les établissements assujettis a augmenté de 7 milliards de FCFA (environ 11 millions USD), pour s’établir à 1.081,9 milliards de FCFA (environ 1,7 milliard USD) en juillet 2024. Mois au cours duquel les 689,1 milliards de FCFA (soit 1,08 milliard USD) d’encours moyen des réserves libres du système bancaire ont représenté 63,7% des réserves requises contre 109,6% en juillet 2023.
L’institut d’émission commun aux six pays de la CEMAC relève dans son BES qu’« en déduisant les réserves obligatoires des réserves brutes, avant opérations de politique monétaire, le déficit de liquidité du système bancaire s’est accru, passant de 123 milliards de FCFA (environ 194 millions USD) en juillet 2023 à 166,7 milliards de FCFA (près de 263 millions USD) en juillet 2024 ». C’est pour combler ce déficit qu’en juin 2024, la BEAC a repris les injections de liquidité dans les banques commerciales de la région. Ainsi, sur le marché monétaire, le volume de ces injections s’est élevé à 855,8 milliards de FCFA (1,35 milliard USD) en juillet 2024 contre 786 milliards de FCFA (1,24 milliard USD) en avril 2024. En augmentation de 8,9%, soit 69,8 milliards de FCFA (environ 110 millions USD).
De façon spécifique, l’encours moyen des avances de la BEAC au système bancaire a progressé de 88,4 milliards de FCFA (139 millions USD), pour se situer à 936,9 milliards de FCFA (1,48 milliard USD) en juillet 2024. Quant à l’encours des opérations de reprise de liquidité du système bancaire, il a progressé de 29,6 %, passant de 62,5 milliards de FCFA (environ 98,5 millions USD) à 81 milliards de FCFA (près de 128 millions USD) au cours de la même période. En revanche, le volume moyen de l’encours des Bons BEAC s’est accru de 201%, pour s’établir à 81 milliards de FCFA (128 millions USD) en juillet 2024 contre 26,9 milliards de FCFA (42,4 millions USD) en avril 2024.
