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Mali : les ultras réclament  la tête du premier ministre Choguel Maïga

Le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, se retrouve une fois de plus dans l’œil du cyclone, accusé de « haute trahison » par le très influent Collectif pour la défense des militaires (CDM). À Bamako, les politiciens tombent parfois plus vite que les feuilles en automne, surtout lorsqu’ils osent critiquer les généraux au pouvoir.…

Le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, se retrouve une fois de plus dans l’œil du cyclone, accusé de « haute trahison » par le très influent Collectif pour la défense des militaires (CDM). À Bamako, les politiciens tombent parfois plus vite que les feuilles en automne, surtout lorsqu’ils osent critiquer les généraux au pouvoir.

Dans un communiqué rédigé avec la « dernière rigueur » (et peut-être une touche de zèle), le CDM a lancé un ultimatum : 72 heures pour que le Premier ministre rende son tablier. Sinon quoi ? Mystère. On connaît le CDM pour ses exigences régulièrement satisfaites, mais cette fois, l’affaire semble plus délicate.

Choguel Maïga, jusque-là fervent défenseur de la junte, semble avoir changé de camp. Lors d’un discours enflammé, il a dénoncé son isolement au sein du régime et réclamé des discussions sur la fin de la transition. De quoi faire grincer les dents dans les hautes sphères militaires, où l’on apprécie peu les remises en question publiques.

Et pourtant, qui aurait parié sur cette volte-face ? Nommé après le second coup d’État de 2021, Maïga était l’un des alliés les plus fidèles de la junte. Mais voilà, la politique malienne est un terrain glissant, et même les alliances les plus solides peuvent se fissurer.

Le Premier ministre ne mâche pas ses mots : la transition devait s’achever en mars 2024, mais les délais ont été repoussés « sine die », sans débat, ni consultation. Maïga se plaint de devoir s’informer via les rumeurs de la presse et les interprétations des gestes de certains ministres. Ambiance !

Dans le même temps, il appelle à l’unité et fait l’éloge des forces armées, comme pour équilibrer son discours. Mais le mal est fait : critiquer les généraux au pouvoir, c’est s’exposer à des accusations de « délation » et de « trahison ». Le CDM, accompagné de l’Alliance pour la refondation au Mali (Arema), n’a pas tardé à dégainer ses communiqués.

Dans ce contexte, les ambitions prêtées au président Assimi Goïta pour les prochaines élections jettent une ombre supplémentaire sur la scène politique. Et si les critiques de Maïga n’étaient que la partie émergée d’un iceberg de tensions internes ? En tout cas, ses alliés d’hier semblent prêts à le sacrifier pour préserver le fragile équilibre de la Transition.

Mais Choguel Maïga, fidèle à lui-même, ne s’avoue pas vaincu. Peut-être espère-t-il que ce coup de gueule lui vaudra le soutien populaire ou, à défaut, une place dans les livres d’histoire comme le Premier ministre qui a osé défier les militaires. En attendant, le compte à rebours des 72 heures est lancé.

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