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Cameroun : près de 6,4 milliards USD d’emprunts extérieurs oisifs à fin septembre 2024

Au 30 septembre 2024, le volume total des soldes engagées non décaissées (SEND’s) par le Cameroun est estimé à 3 980,1 milliards de FCFA (environ 6,4 milliards USD). C’est ce que renseigne la récente note de conjoncture sur la dette publique du Cameroun rendue publique par la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Pour ces fonds ayant déjà…

Au 30 septembre 2024, le volume total des soldes engagées non décaissées (SEND’s) par le Cameroun est estimé à 3 980,1 milliards de FCFA (environ 6,4 milliards USD). C’est ce que renseigne la récente note de conjoncture sur la dette publique du Cameroun rendue publique par la Caisse autonome d’amortissement (CAA). Pour ces fonds ayant déjà fait l’objet d’accords de prêt entre le gouvernement du Cameroun et les bailleurs, mais n’ont pas été consommés depuis plusieurs années pour une bonne partie, le gestionnaire de la dette publique du pays indique ce montant est en hausse de 5,2% en glissement annuel.

La CAA explique ce volume par « les cycles d’exécution prolongés des projets », « les conditions strictes des bailleurs de fonds », ou encore une « conjoncture économique plombée par des pandémies et des crises énergétiques ». Toutes choses qui impactent le chronogramme des décaissements. Par ailleurs, l’on évoque « la non-maturation des projets à financer, avant la signature des conventions de financement avec les bailleurs de fonds tout autant que les retards dans la mise à disposition, par l’État, des fonds de contrepartie sur certains projets ».

Selon le gestionnaire de la dette publique au Cameroun, pour sortir de cette situation qui affecte le développement d’un pays qui est toujours à la recherche de financements pour mettre en œuvre ses projets, le gouvernement camerounais a adopté un nouveau mécanisme de décaissement des financements extérieurs à la fin de l’année 2019. Force est cependant de constater qu’arrivé en novembre 2024, ce mécanisme ne permet pas de sortir des SEND’s.

Cependant, la CAA ne considère pas les SEND’s comme quelque chose de négatif. Et pour cause, souligne cette entité, « les SEND’s sont à la fois un enjeu et une opportunité de réévaluation des projets financés, avec la possibilité de renégocier les termes des prêts si nécessaire. Leur gestion représente ainsi un défi en matière de planification budgétaire et de gestion financière. Contrairement aux perceptions qui voient les SEND’s uniquement comme un fardeau, ils peuvent être nécessaires dans le cadre des projets de financement, notamment en raison des délais entre l’engagement et le décaissement des fonds et du besoin de répartir les ressources pour soutenir le développement des pays émergents ».

Malgré cette opinion favorable de la CAA, depuis 2023, dans sa circulaire sur la préparation du budget de l’État, le chef de l’Etat camerounais a toujours prescrit « une gestion plus efficace de ces financements oisifs, à l’effet d’en réduire l’enveloppe ». Il est allé jusqu’à prescrire au gouvernement « l’annulation pure et simple des conventions de prêts signés pour des projets dont les délais de démarrage ou d’exécution se prolongent indéfiniment ».

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