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Ghana : un populisme haussier sur le prix du Cacao

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a annoncé une hausse du prix fixe payé aux producteurs de cacao, le fixant désormais à 49 600 cedi (3 062 $) par tonne pour la saison 2024/25. Cette décision, bien qu’elle puisse sembler bénéfique pour les agriculteurs, ignore les dynamiques du marché et risque de s’avérer coûteuse pour l’économie…

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a annoncé une hausse du prix fixe payé aux producteurs de cacao, le fixant désormais à 49 600 cedi (3 062 $) par tonne pour la saison 2024/25. Cette décision, bien qu’elle puisse sembler bénéfique pour les agriculteurs, ignore les dynamiques du marché et risque de s’avérer coûteuse pour l’économie du Ghana à long terme.

En fixant artificiellement le prix du cacao, le gouvernement force l’Office de commercialisation du cacao (Cocobod) à acheter à des tarifs qui dépassent souvent les niveaux du marché mondial. Cette politique, bien que conçue pour stimuler les revenus des agriculteurs, conduit en réalité à une augmentation des coûts bureaucratiques et renforce la dépendance de Cocobod à des subventions coûteuses pour le gouvernement. Avec des ressources limitées et un endettement croissant, cette mesure populiste risque de détourner les fonds publics de solutions plus durables, comme les infrastructures agricoles et le soutien technique, pour financer une politique de prix fixe qui devient insoutenable.

Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao, doit faire face à une crise de production : les faibles rendements, la contrebande et la réduction des investissements affectent le secteur. Au lieu de simplement augmenter les prix pour les producteurs, la priorité devrait être d’améliorer leurs conditions de travail en facilitant l’accès à des intrants de qualité (engrais, pesticides), en offrant un accompagnement technique et un financement compétitif, et en modernisant les infrastructures comme l’énergie, essentielle pour les transformations locales.

L’annonce de la hausse des prix a déjà conduit certains agriculteurs à retenir leurs fèves, ce qui perturbe la chaîne d’approvisionnement mondiale et pousse les prix du cacao à la hausse. De plus, l’accumulation de stocks en vue d’éventuelles augmentations de prix à court terme ne fait que détourner l’attention des réformes structurelles nécessaires pour rendre le secteur durable.

Bien que cette initiative vise à atténuer les pertes de production et à freiner la contrebande, elle semble aussi être une stratégie électorale de dernière minute. Les analystes, tels que Bright Simons d’IMANI Africa, affirment que cette mesure est motivée par des calculs politiques, étant donné l’approche des élections présidentielles en décembre. De plus, l’effet réel de cette hausse est neutralisé par l’inflation et la dépréciation de la monnaie, ce qui limite son impact sur le revenu des producteurs.

En somme, le Ghana a besoin d’une politique agricole axée sur l’efficacité et la durabilité plutôt que sur des mesures de prix artificielles qui favorisent la bureaucratie sans résoudre les problèmes de fond. Une véritable aide aux producteurs passerait par un accès aux outils nécessaires pour augmenter leurs rendements et réduire leurs coûts, leur permettant de prospérer dans un environnement plus compétitif et de contribuer à l’économie nationale de manière durable.

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