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Donald Trump ou Kamala Harris : Que gagne ou perd l’Afrique ?

Le candidat républicain pourrait coûter 172 milliards de dollars* en manque à gagner et pertes selon les estimations de Financial Afrik. La démocrate pourrait faire engranger à la terre de Lucie environ 96 milliards de dollars. Un choix vite fait ?  Alors que les élections présidentielles américaines du 5 novembre 2024 approchent, l’Afrique suit de…

Le candidat républicain pourrait coûter 172 milliards de dollars* en manque à gagner et pertes selon les estimations de Financial Afrik. La démocrate pourrait faire engranger à la terre de Lucie environ 96 milliards de dollars. Un choix vite fait ? 

Alors que les élections présidentielles américaines du 5 novembre 2024 approchent, l’Afrique suit de près l’impact potentiel que les deux candidats principaux, Donald Trump et Kamala Harris, pourraient avoir sur ses économies et ses perspectives de développement. L’enjeu est de taille. D’un côté, Donald Trump, fervent défenseur du nationalisme économique et du protectionnisme, représente une approche ultra-libérale qui pourrait isoler l’Afrique des dynamiques économiques mondiales. De l’autre, Kamala Harris, ancrée dans une vision démocrate favorable aux partenariats internationaux, pourrait renforcer les collaborations économiques. Comme l’écrit Atlantic Counsil, Kamala pourrait codifier l’initiative en cours Prosper Africa aux résultats mitigés.

Mais que gagnerait ou perdrait réellement l’Afrique sous l’une ou l’autre administration ? Une évaluation de ces impacts ne peut ignorer des facteurs clés comme l’inflation et la croissance américaine, en plus des politiques économiques habituelles.

Taux de la Fed et inflation : l’impact sur la dette africaine

Les pays africains empruntent régulièrement sur les marchés internationaux via des Eurobonds, en grande partie libellés en dollars. Le coût du service de cette dette est directement influencé par les taux d’intérêt américains et par le niveau d’inflation.

  • Trump : S’il incitait la Fed à maintenir des taux bas pour soutenir la croissance américaine à court terme, cela pourrait momentanément réduire le fardeau de la dette pour les pays africains. Cependant, ses politiques économiques expansionnistes pourraient entraîner une hausse de l’inflation américaine. Une inflation supérieure à 2-3% aux États-Unis se répercuterait directement sur les prix des produits et services importés en Afrique, exacerbant le coût des importations.
    • Pertes estimées : Une inflation mondiale accrue sous Trump pourrait coûter entre $15 et $25 milliards de pouvoir d’achat à l’Afrique sur deux ans, tandis qu’une hausse de 1% des taux d’intérêt américains pourrait augmenter la charge de la dette de $5 à $8 milliards par an.
  • Harris : Harris, avec une approche plus modérée de la politique monétaire, pourrait maintenir les taux d’intérêt à des niveaux plus bas et modérer l’inflation. Une inflation plus contrôlée limiterait la pression sur les économies africaines, notamment en matière de coûts d’importation. Le coût du service de la dette serait également plus stable, permettant aux pays africains de mieux planifier leurs remboursements.
    • Gains estimés : $3 à $5 milliards d’économies annuelles sur le service de la dette et $10 à $15 milliards d’économies en importations grâce à une inflation mieux maîtrisée.

Droits de tirage spéciaux (DTS) : un soutien crucial en période de crise

Le rôle du FMI et des droits de tirage spéciaux (DTS) a été déterminant pour soutenir les économies africaines pendant les périodes de crise, notamment pendant la pandémie.

  • Trump : Son opposition à l’augmentation des DTS lors de la pandémie de Covid-19 illustre une politique potentiellement défavorable pour les économies africaines. Une réduction des contributions américaines au FMI pourrait limiter les DTS accordés aux pays africains en difficulté.
    • Pertes estimées : $5 à $8 milliards de DTS en moins pour les pays africains sur la durée de son mandat.
  • Harris : Harris, favorable au multilatéralisme, pourrait renforcer les contributions américaines au FMI, augmentant ainsi les DTS disponibles pour les pays africains.
    • Gains potentiels : $5 à $10 milliards supplémentaires de DTS pour les économies en crise.

Croissance américaine et ses répercussions sur les exportations africaines

La croissance économique américaine influence directement la demande en matières premières et en biens importés, dont certains proviennent d’Afrique.

  • Trump : Sa politique protectionniste pourrait stimuler la croissance domestique, mais réduire la demande en importations africaines, notamment en raison d’une révision potentielle de l’AGOA. De plus, une croissance américaine tirée par une inflation élevée pourrait ralentir à long terme, réduisant encore davantage les échanges commerciaux.
    • Pertes estimées : Jusqu’à $3 à $5 milliards de pertes annuelles en exportations africaines, avec des risques accrus en cas de récession due à une inflation excessive.
  • Harris : Une croissance plus durable sous Harris, combinée à une politique pro-commerce international, pourrait maintenir, voire augmenter, la demande américaine en produits africains. Elle pourrait encourager les importations africaines dans le cadre d’accords commerciaux comme l’AGOA.
    • Gains estimés : $2 à $4 milliards supplémentaires d’exportations annuelles.

Le prix du baril de pétrole : un baromètre géopolitique et économique

Les fluctuations du prix du pétrole, largement influencées par les tensions géopolitiques et la demande mondiale, affectent de manière disproportionnée les économies africaines, notamment celles dépendantes des importations d’énergie.

  • Trump : Une politique étrangère axée sur des tensions accrues avec des pays comme l’Iran pourrait entraîner une hausse significative des prix du pétrole, affectant gravement les importateurs africains. En revanche, les pays africains exportateurs pourraient voir leurs revenus augmenter.
    • Coût estimé pour l’Afrique : $50 à $80 milliards pour les importateurs de pétrole sur deux ans.
  • Harris : Une approche diplomatique plus apaisée pourrait stabiliser les marchés pétroliers, offrant ainsi un répit aux économies africaines dépendantes des importations d’énergie.
    • Économie potentielle : $20 à $30 milliards d’économies pour les importateurs africains.

L’AGOA et la croissance africaine sous pression

L’African Growth and Opportunity Act (AGOA) permet à plusieurs pays africains de bénéficier d’un accès préférentiel au marché américain. Alors qu’elle doit être prolongée en 2025, l’AGOA demeure incertaine.

  • Trump : Son penchant pour le protectionnisme pourrait mettre en péril l’accès privilégié à l’AGOA, réduisant ainsi les exportations africaines vers les États-Unis. N’avait-il pas menacé de retirer le Rwanda de l’accord sous prétexte que ce pays de l’Afrique de l’Est envisageait de suspendre les importations de friperies américaines afin de developper une industrie textile et habillement au niveau local ?
    • Pertes potentielles : $3 à $5 milliards d’exportations en moins chaque année.
  • Harris : Harris serait plus encline à renforcer et élargir l’AGOA, favorisant les exportations africaines et stimulant la croissance économique à travers des échanges accrus. À condition qu’elle soit plus pragmatique et moins messianique et qu’elle ne suive pas Joe Biden dont l’intérêt pour l’Afrique a été négligeable tout le long de son mandat. Une petite visite prévue en décembre prochain en Angola ne suffira pas à rattraper le retard.
    • Gains estimés : $2 à $4 milliards d’exportations supplémentaires par an.

Aide internationale et transferts de fonds : les implications migratoires

Les transferts de fonds et l’aide internationale américaine jouent un rôle crucial dans le développement de nombreuses économies africaines.

  • Trump : En réduisant l’aide internationale et en durcissant les politiques migratoires, Trump pourrait limiter à la fois les fonds alloués aux infrastructures de développement et les transferts de fonds de la diaspora africaine.
    • Pertes estimées : $5 à $10 milliards d’aide supprimée et $2 à $4 milliards en transferts de fonds perdus par an.
  • Harris : Harris pourrait restaurer les niveaux d’aide et adopter une politique migratoire plus souple, permettant à la diaspora africaine de continuer à envoyer des fonds à leurs familles.
    • Gains potentiels : $5 à $8 milliards d’aide supplémentaires et $2 à $4 milliards en transferts de fonds.

Investissements directs étrangers (IDE) : un enjeu clé pour le développement

Les investissements américains sont essentiels pour soutenir la croissance des infrastructures et le développement économique en Afrique.

  • Trump : Son protectionnisme pourrait décourager les IDE en Afrique, notamment dans les secteurs des infrastructures et des partenariats public-privé.
    • Pertes estimées : $10 à $15 milliards d’IDE en moins chaque année.
  • Harris : Harris pourrait encourager davantage d’investissements, notamment dans les infrastructures vertes, stimulant ainsi l’économie africaine.
    • Gains potentiels : $10 à $15 milliards d’IDE supplémentaires chaque année.

Pertes et gains 

Sous Trump, l’Afrique pourrait subir des pertes allant jusqu’à $172 milliards, principalement en raison d’une inflation élevée, de la réduction des IDE et de l’instabilité des taux d’intérêt. À l’inverse, sous Harris, l’Afrique pourrait enregistrer des gains allant jusqu’à $96 milliards, grâce à une politique plus stable et une gestion prudente de l’inflation et des relations internationales. Le choix des Américains en 2024 aura des répercussions majeures sur l’avenir économique du continent africain.

*Notice

Les estimations présentées dans cette analyse reposent sur des modélisations économiques multi-facteurs, combinant des données historiques et des projections. Les chiffres sont basés sur des rapports du FMI, de la Banque mondiale et d’organisations spécialisées comme l’OCDE, ainsi que sur les tendances observées lors des précédentes administrations américaines. Les impacts sont calculés en fonction des fluctuations prévues des taux d’intérêt, des politiques migratoires, des flux d’investissements directs étrangers (IDE), et des dynamiques commerciales telles que l’AGOA. Les marges d’erreur varient de 10 à 20% en fonction des incertitudes géopolitiques et économiques.

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