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Société Générale : Slawomir Krupa, un PDG obsédé par la réduction des coûts et le retrait de l’Afrique 

Depuis sa nomination en mai 2023, Slawomir Krupa s’est attelé à transformer la Société Générale en rationalisant ses opérations, notamment par la vente de filiales africaines et des suppressions de postes. Pourtant, malgré cette stratégie visant à réduire les coûts, la banque peine à convaincre les investisseurs. En l’espace d’un an, le titre a chuté…

Depuis sa nomination en mai 2023, Slawomir Krupa s’est attelé à transformer la Société Générale en rationalisant ses opérations, notamment par la vente de filiales africaines et des suppressions de postes. Pourtant, malgré cette stratégie visant à réduire les coûts, la banque peine à convaincre les investisseurs. En l’espace d’un an, le titre a chuté de 15  à 20% % alors que l’indice sectoriel européen des banques, DJ Stoxx Banks, progressait de 30 %. Cette situation interroge sur l’approche adoptée par Krupa et ses conséquences sur l’avenir de la banque.

Krupa a opté pour une stratégie de cession, accumulant près de 3 milliards d’euros avec la vente de filiales en Afrique et en Europe, tout en réduisant ses effectifs au siège. Cependant, ce désengagement de l’Afrique, particulièrement réussi dans des pays comme le Maroc, la Guinée et le Mozambique, compliqué au Burkina Faso, laborieux au Togo et au Bénin, délicat en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Cameroun, suscite de vives interrogations. 

Ces marchés auxquels il faudrait ajouter le Ghana (en revue stratégique, la Tunisie en statu quo) , malgré leurs défis, représentaient des opportunités à long terme pour Société Générale grâce à une démographie dynamique, une digitalisation rapide des services financiers et un potentiel de croissance substantiel dans les secteurs émergents.

Le retrait soudain de ces pays, qui fait suite à des décisions rapides et peu concertées, laisse penser que la banque a privilégié des solutions à court terme plutôt que d’adopter une vision stratégique globale. Au Maroc, par exemple, un marché stratégique pour de nombreuses institutions internationales, la sortie de la Société Générale a été perçue comme un signal de faiblesse face à une concurrence locale de plus en plus affûtée. De même, dans des pays comme la Guinée et le Mozambique, où le potentiel de développement est considérable, notamment dans le domaine des infrastructures et des matières premières, ce désengagement semble risqué. Les marchés du Burkina Faso, du Togo et du Bénin, bien que plus petits, présentaient aussi des marges de progression importantes, notamment grâce à des populations jeunes et une classe moyenne en expansion.

Ce choix de désengagement est perçu par de nombreux analystes comme une erreur stratégique. À une époque où l’Afrique attire de plus en plus d’investisseurs internationaux en raison de ses perspectives économiques, la décision de Krupa semble aller à contre-courant. En se retirant de ces marchés prometteurs, Société Générale risque non seulement de perdre des parts de marché, mais aussi de céder la place à des acteurs locaux ou régionaux plus agressifs, comme Ecobank, Attijariwafa Bank ou d’autres institutions panafricaines, qui pourraient capturer cette croissance future.

Certes, Société Générale a accumulé les déboires sur ces dernières années. De l’affaire Kerviel aux sanctions américaines. il y a aussi ce pari malheureux pris en 2022 sur les taux d’intérêt et qui  a coûté à la banque plus de 2 milliards d’euros. Cette erreur stratégique continue de peser sur ses résultats et oblige Krupa à réviser à la baisse ses objectifs financiers sur la banque de détail.

Dans ce contexte, certains analystes estiment que la banque pourrait devenir une cible d’acquisition, en particulier en raison de son faible cours en Bourse. Un rachat par un acteur majeur du secteur, tel que BNP Paribas ou Crédit Agricole, bien que peu probable en raison des risques de concentration et de l’impact sur l’emploi, n’est pas totalement écarté. UniCredit, de son côté, semble tourner autour de cette opportunité.

Le pari de Slawomir Krupa, qui privilégie les économies de coûts plutôt que la recherche de croissance, risque à terme de transformer la banque rouge et noire en une proie pour ses concurrents. Ce choix stratégique interroge : la réduction des coûts peut-elle réellement suffire à restaurer la confiance des investisseurs, ou ne fait-elle qu’exacerber la vulnérabilité de la Société Générale sur un marché bancaire en pleine recomposition ?

Ainsi, l’approche actuelle du directeur général, bien que rigoureuse en apparence, semble négliger un élément fondamental : la performance ne se limite pas à réduire les dépenses. Une stratégie de croissance inclusive, alliant innovation et expansion, est essentielle pour assurer un avenir durable à la banque.

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