LA MAÎTRISE GLOBALE DES RISQUES EN AFRIQUE : UN LEVIER STRATÉGIQUE POUR LA CROISSANCE ÉCONOMIQUE
Le Forum de la Maîtrise Globale des Risques en Afrique s’est tenu du 24 au 25 octobre à Abidjan et a réuni plus de 1 500 professionnels et experts pour discuter des enjeux économiques liés à la maîtrise des risques professionnels et à la protection des personnes. Placé sous le thème « Maîtrise des risques professionnels et protection des personnes : répondre aux défis actuels et anticiper ceux de demain », cet événement a mis en lumière le lien direct entre la gestion des risques et la croissance économique, en particulier en Afrique, où la vulnérabilité aux crises peut freiner le développement des entreprises et des États.
Dans son discours d’ouverture, Aïcha Diabaté, commissaire générale du forum, a souligné que la gestion efficace des risques est désormais une condition *sine qua non* pour assurer la pérennité des activités économiques. « Pour tous les pays du monde, il est essentiel de pouvoir gérer les risques. Lorsque l’on parle d’accidents du travail ou de maladies professionnelles, cela impacte les entreprises, et, à plus grande échelle, les États.»
En effet, le coût des accidents du travail et des maladies professionnelles est non négligeable pour les entreprises africaines. D’après des études récentes, ces incidents représentent jusqu’à 4 % du PIB dans certains pays du continent. Une gestion proactive des risques permettrait non seulement de protéger les employés, mais aussi de réduire les pertes économiques associées à ces incidents.
La transformation numérique fulgurante en Afrique, qui devrait générer 180 milliards de dollars d’ici 2025, s’accompagne d’une augmentation alarmante des cyberattaques. Selon le rapport Security Navigator d’Orange Cyberdefense, les extorsions numériques ont bondi de 70% en 2023, menaçant d’amputer le PIB du continent de 10%.
En matière de gestion des risques liés aux catastrophes naturelles, la résilience économique a été l’un des points centraux des discussions. Les participants ont insisté sur l’urgence de mettre en place des stratégies de prévention et de mitigation, dans un contexte où le changement climatique augmente la fréquence et la gravité des événements extrêmes. Chaque catastrophe naturelle engendrerait des coûts énormes pour les économies africaines, que ce soit en termes de destruction des infrastructures, de pertes agricoles ou d’interruption des activités commerciales.
Des études ont démontré que chaque dollar investi dans des programmes de santé et sécurité au travail pourrait générer un retour sur investissement de 4 à 5 dollars. Cette estimation est largement reconnue dans la recherche en santé et sécurité et est soutenue par l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS). Ce retour sur investissement serait basé sur la réduction des coûts médicaux, des demandes d’indemnisation et des pertes de productivité dues aux accidents.



