Le 15 octobre 2024, le ministre centrafricain des Finances et du Budget (Minfib), Hervé Ndoba, a présenté aux députés à l’Assemblée nationale de son pays le collectif budgétaire 2024 préparé par le gouvernement.
Dans le détail, le projet de loi des Finances rectificative 2024 s’établit à 292,77 milliards de FCFA contre les 291,8 milliards de FCFA initialement approuvés. Soit une hausse de 970 millions de FCFA que l’Etat centrafricain voudrait affecter aux secteurs sociaux et aux entreprises.
L’Etat prévoit de financer ce collectif budgétaire sur fonds propres à hauteur de 162,5 milliards de FCFA. Ces fonds sont attendus de la direction générale des douanes et des droits indirects pour 67,5 milliards de FCFA, de la direction générale des impôts et des domaines, 65,5 milliards de FCFA, et de la direction générale du trésor et de la comptabilité publique dont le gouvernement attend des recettes estimées à 29,5 milliards de FCFA.
Pour ce qui est des ressources extérieures, le gouvernement centrafricain entend mobiliser, 130,27 milliards de FCFA. Soit une baisse de 0,81% par rapport à la loi de finances initiale. Selon le Minfib, la baisse annoncée des dons projets de 91,64 à 90,96 milliards de FCFA et des emprunts de 6,5 à 5,91 milliards de FCFA justifie la baisse dans ce chapitre des recettes.
Les dépenses prévisionnelles sont évaluées au total à 322,59 milliards de FCFA. En légère hausse de 0,78%. Elles vont se décliner en dépenses primaires pour 210,48 milliards de FCFA, dépenses d’investissement, 12,75 milliards de FCFA, et charges financières à hauteur de 15,23 milliards de FCFA.
Par ailleurs, les ressources de trésorerie contenues dans ce collectif budgétaire sont en recul de 25%. Elles passent de 200 milliards de FCFA dans la loi des finances initiale à 150 milliards de FCFA. Dans le même temps, les charges de trésorerie augmentent de 66,54%. Initialement prévues à 58,76 milliards de FCFA, elles s’établissent à 97,85 milliards de FCFA dans la loi de finances rectificative.
A l’analyse, le solde global est déficitaire de 29,82 milliards de FCFA, soit 1,7% du Produit intérieur brut (PIB) du pays contre 1,6% dans la loi des finances initiale. Le solde primaire, quant à lui, est déficitaire de 47,98 milliards de FCFA, soit 2,7% du PIB. Hervé Ndoba indique que « ce niveau de solde primaire limite toujours la capacité de l’Etat à faire face au remboursement de la dette publique, d’où la nécessité de mobiliser davantage les ressources domestiques et maîtriser dans la mesure du possible, les dépenses publiques ».
Pour rappel, c’est dans le cadre du programme de facilité élargie de crédit (FEC) que Bangui a promis de revoir ses prévisions budgétaires 2024. Les autorités centrafricaines s’étaient alors engagées à mobiliser les recettes intérieures à hauteur de 160,5 milliards de FCFA, à contenir le déficit primaire intérieur à 47,5 milliards de FCFA et à privilégier les dépenses en faveur des secteurs sociaux, pour au moins 22 milliards de FCFA. Hervé Ndoba prévient à ce sujet que « le pays risque une suspension des appuis budgétaires attendus d’ici la fin de l’année de nos partenaires traditionnels, que sont la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque africaine de développement (BAD), si nos engagements ne sont pas tenus ».
