Le président du Cameroun, Paul Biya, 91 ans, en poste depuis 1982, est au centre de rumeurs sur son état de santé. Ces spéculations ont pris de l’ampleur le 7 octobre 2024, lorsque la chaîne privée ABS Africa TV, basée à Houston et connue pour son soutien à la cause indépendantiste de l’Ambazonie, a annoncé la mort du chef de l’État. Cette information, largement relayée sur les réseaux sociaux, a provoqué une vague de réactions au Cameroun et au-delà.
Face à la diffusion rapide de ces allégations, le gouvernement camerounais a publié plusieurs communiqués le 8 octobre, démentant formellement la mort du président. Selon ces déclarations, « ces rumeurs relèvent du fantasme », et Paul Biya serait en Suisse, où il séjourne régulièrement, et continuerait de « vaquer à ses occupations ». Cependant, aucune preuve visuelle, comme des photos ou des vidéos récentes, n’a été fournie pour rassurer l’opinion publique.
La dernière apparition publique de Paul Biya remonte au Forum de coopération Chine-Afrique, qui s’est tenu à Pékin du 4 au 6 septembre 2024. Depuis, le président a annulé plusieurs rendez-vous importants, notamment sa participation à l’Assemblée générale des Nations unies à New York et au Sommet de la Francophonie en France. Il a également été absent lors de la finale de la Coupe de football du Cameroun, ce qui a alimenté les spéculations sur son état de santé.
La situation politique est encore compliquée par l’âge avancé du président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, 90 ans, qui est le successeur constitutionnel en cas de vacance du pouvoir. Lui-même fait l’objet de rumeurs concernant sa santé, ajoutant à l’incertitude politique qui règne actuellement au Cameroun.
Marcel Niat Njifenji entamer sa onzième année au perchoir de cette institution qu’il dirige depuis sa mise sur pied en 2013. Le record d’immobilisme revient néanmoins à Cavaye Yeguie Djibril, 84 ans, dont plus de trois décennies à la tête de l’Assemblée nationale.
À l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025, où Paul Biya pourrait se porter candidat pour un septième mandat, l’absence de transparence sur son état de santé est vivement critiquée par l’opposition et une partie de la société civile, qui demandent plus de clarté de la part des autorités.
