La Banque centrale du Kenya (CBK) a réduit son taux directeur de la plus forte marge depuis le début de la pandémie de Covid-19. L’institution a effet procédé, le 8 octobre 2024, à une réduction de 75 points de base, passant ainsi l’indicateur de 12,75 % à 12 %, après que l’inflation ait chuté à son plus bas niveau depuis plus d’une décennie.
Malgré cette baisse de taux, les banques ont été prudentes quant à sa répercussion sur leurs prêts, invoquant des inquiétudes concernant la hausse des coûts des fonds et l’augmentation des prêts non performants.
La demande de crédit a ralenti à 1,3 % de croissance en août, contre une augmentation de 3,7 % en juillet, soit le plus bas niveau depuis 2017, lorsque le Kenya a introduit des contrôles sur les taux de prêt qui ont réduit l’offre de prêts.
Cette baisse des taux devrait entraîner une baisse du coût des prêts pour les ménages et les entreprises qui ont du mal à rembourser les taux d’intérêt du crédit coûteux depuis que la CBK a commencé à relever les taux en juin 2022 dans un contexte de chocs économiques mondiaux qui ont vu l’inflation atteindre des sommets pluriannuels.
L’inflation au Kenya a atteint 3,6 % en septembre, contre 4,4 % un mois plus tôt, soit le rythme le plus lent enregistré en 12 ans. Le gouvernement, pour sa part, s’est fixé comme objectif un taux d’inflation compris entre 2,5 % et 7,5 % à moyen terme.
« Le Comité de politique monétaire (MPC) a noté que l’inflation globale a encore diminué et devrait rester en dessous de la fourchette cible médiane à court terme, soutenue par une inflation alimentaire stable attribuable à l’amélioration de l’offre grâce aux récoltes en cours, un taux de change stable et une inflation des carburants plus faible », a déclaré la CBK dans un communiqué mardi publié le 8 octobre 2024.
« Le MPC a également noté une forte décélération du crédit au secteur privé et un ralentissement de la croissance au deuxième trimestre 2024, et a conclu qu’il y avait une marge pour un nouvel assouplissement de la politique monétaire afin de soutenir l’activité économique », ajoute la même source.




