Nouvel épisode d’un imbroglio qui avait provoqué la dissolution du parlement
L’ancien ministre des Finances de la Guinée-Bissau, Suleimane Seide, a été libéré après cinq jours de détention par les forces de sécurité. La Ligue guinéenne des droits de l’homme (LGDH) a annoncé sa libération le lundi 7 octobre sur sa page Facebook.
L’ancien ministre des Finances avait été enlevé le 2 octobre dernier par quatre hommes en civil alors qu’il prenait son petit-déjeuner dans un restaurant de Bissau, selon sa famille. La Ligue Guinéenne des Droits de l’Homme (LGDH) parle de « rapt ». Après cinq jours d’incarcération à la Deuxième Esquadre de Bissau, Seidi a été folk libéré le 7 octobre 2024.
La famille et ses avocats considèrent que son arrestation et sa libération ont été extrajudiciaires. Seidi, membre du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), avait déjà été arrêté en décembre 2023 pour des accusations de corruption. Libéré sous caution en juillet 2024 après six mois de détention, il avait l’obligation de se présenter régulièrement devant la justice. Seidi a, pour l’instant, refusé de faire des déclarations publiques.
Il s’agit de la poursuite d’une longue série pour Seide, leader du PAIGC, qui avait été arrêté le 30 novembre 2023 ainsi l’ancien secrétaire d’État au Trésor, António Monteiro, après avoir été entendus pendant environ six heures par le ministère public dans le cadre de l’affaire du paiement de 10 millions de dollars, dus à un groupe d’hommes d’affaires, via l’une des banques commerciales du pays.
Les deux hommes avaient été libérés dés le lendemain par un groupe de membres de la Garde nationale, mais la Garde présidentielle les a de nouveau arrêtés.
Le 4 décembre 2023, le président de la République dissoudrq le le Parlement invoquant « la gravité des événements des 30 novembre et du 1er décembre de cette année, notamment l’attaque des cellules de la Police judiciaire à Bissau, perpétrée par un groupe fortement armé de la Garde nationale, face à la passivité du gouvernement, constituant une tentative de subversion de l’ordre constitutionnel. »
Dans le décret, publié alors par le Bureau de Communication et des Relations Publiques de la Présidence de la République, on peut lire que « lors du récent débat parlementaire sur le détournement de fonds publics, l’Assemblée nationale populaire, au lieu de plaider pour l’application stricte de la Loi d’exécution budgétaire et d’exercer son rôle de contrôle des actes du gouvernement, a préféré défendre les membres de l’exécutif soupçonnés d’implication dans des actes de corruption qui ont gravement porté atteinte aux intérêts supérieurs de l’État. »
Le président Umaro Sissoco Embaló a également estimé que l’action de la Garde nationale (GN), en forçant la libération de Suleimane Seidi et António Monteiro, constituait une tentative de coup d’État, et que l’existence de forts indices de complicité politique avait rendu insoutenable le fonctionnement normal des institutions de la République, des faits justifiant l’existence d’une grave crise politique.
En juillet, les deux hommes avaient été libéré à la demande de la défense auprès de la Cour suprême de justice. Cette nouvelle arrestation d’octobre suivie d’une libération subite montre que ce dossier tient plus de la politique que de la justice.
