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Banque africaine de développement (BAD) : Madame Bajabulile Swazi Tshabalala forcée à démissionner

Mme Bajabulile Swazi Tshabalala a rendu le tablier. Sa candidature à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), annoncée sans que sa hiérarchie en soit informée, a été la goutte d’eau de trop dans ses rapports heurtés avec le président Akinwumi Adesina. Cette supposée candidature a conduit à la publication d’un avis pour…

Mme Bajabulile Swazi Tshabalala a rendu le tablier. Sa candidature à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), annoncée sans que sa hiérarchie en soit informée, a été la goutte d’eau de trop dans ses rapports heurtés avec le président Akinwumi Adesina. Cette supposée candidature a conduit à la publication d’un avis pour le moins circonstancié du département juridique de la BAD.
Émis à la mi-septembre (la jurisprudence Tshabalala ?), cette note invite tout membre du staff souhaitant se présenter à une activité politique en général ou à la présidence de la Banque Africaine en particulier, à démissionner au préalable. 

Jusque-là les textes de la banque demandaient à tout candidat à un poste politique d’offrir sa démission ou de prendre une disponibilité.

Finalement, Mme Bajabulile Swazi Tshabalala, Vice-présidente principale du Groupe de la Banque africaine de développement, a été forcée à quitter ses fonctions avec effet immédiat. “Il est important de rappeler que sa candidature n’avait pas encore été formellement déposée et n’est donc pas officielle”, fulmine un de ses soutiens du côté de Pretoria.
Selon nos informations, c’est le président sud-africain Cyril Ramaphosa qui avait personnellement informé le président de la BAD, Akinwumi Adesina, de la candidature de sa compatriote, lui demandant de la soutenir.  Sous pression, Mme Tshabalala a tenté de négocier son départ avec un package, mais cela n’a pas abouti. Selon nos sources, sa démarche pour rencontrer le président de la BAD n’a pas aussi été couronnée de succès, leurs rapports étant au plus bas. 

En fin de compte, la future candidate sud-africaine a démissionné sans bénéficier de la clémence d’Adesina, dont la candidature aux dernières élections présidentielles nigérianes avait dépassé le stade de la rumeur, ses partisans ayant payé la caution et retiré le formulaire de candidature en son nom.

Dans un communiqué officiel publié par la Banque, Mme Tshabalala s’est expliquée : « Suite à l’approbation par le gouvernement sud-africain de ma candidature au poste de présidente de la Banque africaine de développement en 2025, j’ai pris la décision de démissionner immédiatement de la Banque. Cette décision est conforme aux règles et règlements de la Banque, et vise à éviter tout conflit d’intérêt potentiel dans le cadre de ma candidature. »

Elle a ensuite fait preuve de diplomatie : « J’ai été très honorée d’assumer la fonction de Vice-présidente principale de la première institution financière d’Afrique. J’ai eu l’honneur de travailler sous la direction du Président Adesina, que je remercie pour son leadership et son soutien indéfectible. Je lui souhaite le meilleur pour le reste de son mandat à la tête de la Banque africaine de développement. Il n’a ménagé aucun effort pour permettre à la Banque d’atteindre ses objectifs, et il peut en être fier. Je suis persuadée que le reste de son mandat sera marqué par de nouvelles réussites. »

De nationalité sud-africaine, Mme Tshabalala a rejoint la Banque africaine de développement en 2018 en tant que Vice-présidente en charge des finances et Responsable financière du Groupe de la Banque, avant d’être nommée Vice-présidente principale en novembre 2021.

Le Président de la Banque et Président des conseils d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement, Dr Akinwumi Adesina, a déclaré : « Mme Swazi Tshabalala a été un membre très important de la haute direction de la Banque. Je la félicite pour sa contribution significative aux activités de la Banque au cours des six dernières années, notamment pour le rôle qu’elle a joué au sein de l’équipe de direction afin de mener à bien nos opérations. Je la remercie pour son travail exemplaire et les services qu’elle a rendus au Groupe de la Banque africaine de développement. »

La candidature sud-africaine crée une fissure dans la décision de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) de soutenir la candidature du Zambien Dr Samuel Munzele Maimbo, retenue à l’issue de primaires transparentes. A noter que l’Afrique du Sud compte 38% des pouvoirs de vote de la SADC à la BAD.

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