L’exercice 2023 a été faste pour les systèmes financiers décentralisés (SFD) de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA) relevant de l’article 44 de la loi portant réglementation des SFD (niveau d’activité atteignant un seuil de 2 milliards de FCFA d’encours de dépôts et de crédits) avec un bénéfice en hausse de 79% comparé à celui de 2022, selon les données du secrétariat général de la Commission bancaire, l’organe communautaire de supervision des banques basée à Abidjan.
Ce bénéfice s’est établi à 46,444 milliards de FCFA (78,954 millions de dollars) contre 25,968 milliards de FCFA (44,145 millions de dollars) au 31 décembre 2022. Par rapport au 31 décembre 2021 où il se situait à 23,072 milliards de FCFA, le bénéfice des SFD de grande taille est en forte progression de 101,30%. Le bénéfice de 2023 découle du résultat exceptionnel qui ressort à 16,3 milliards de FCFA dont 12,4 milliards de FCFA issus de la récupération des créances amorties. Selon la Commission Bancaire, 172 SFD de grande taille, soit 65,9% de la population, ont enregistré un résultat net positif à fin décembre 2023 contre 171 en 2022.
Durant la période sous revue, le produit net financier (PNF) de ces SFD s’est établi à 393,7 milliards de FCFA, en croissance de 11,7%, en rythme annuel. Il est composé à 93,5% des opérations avec les bénéficiaires ou les clients 93,9% un an plus tôt. Selon la Commission bancaire « la progression du PNF a induit une hausse annuelle de 10,9 du produit global d’exploitation évalué à 431,3 milliards de FCFA en 2023 contre 388,9 milliards de FCFA un an plus tôt. »
Le résultat brut d’exploitation a également progressé de 22,2%, en ressortant à 125,2 milliards de FCFA, en liaison avec la hausse progression du PNF atténuée par une évolution de 7,1% des frais généraux, ressortis à 287,7 milliards de FCFA.
« En prenant en compte les provisions nettes sur risque chiffrées à 89,5 milliards de FCFA, le résultat d’exploitation s’est établi à 35,7 milliards de FCFA à la fin de l’exercice 2023 contre 15,6 milliards de FCFA un an plus tôt », souligne la Commission Bancaire dans son rapport annuel 2023.
Concernant les principaux ratios financiers, les données de la Commission indiquent une diminution de 2,3 points de pourcentage, en glissement annuel, des charges d’exploitation rapportés au portefeuille de crédit, qui se situent à 24,7% en 2023 contre 27,0% en 2022, pour une norme maximale de 35%.
Le ratio des frais généraux rapportés au portefeuille de crédit a aussi baissé, passant de 13,9 % en 2022 à 13,0% en 2023, pour un plafond de 15% pour les structures de crédit direct et 20% pour les structures d’épargne et de crédit.
Quant au ratio des charges de personnel, il affiche aussi un repli de 0,6 point de pourcentage, en glissement annuel, pour se situer à 6,2% en 2023 contre un plafond de 5% pour les structures de crédit direct et 10% pour les structures d’épargne et de crédit.
La rentabilité des fonds propres (rapport du résultat d’exploitation hors subvention sur les fonds propres moyens) est ressortie à 5,8% durant la période sous revue contre 2,8% à fin 2022, pour une norme minimale de 15%.
Le rendement sur actifs s’est de son côté établi à 0,9% en 2023 contre 0,6% à fin 2022, pour une norme minimale de 3%.
Selon toujours la Commission, l’autosuffisance opérationnelle des SFD a progressé de 5,1 points de pourcentage, en glissement annuel, pour se situer à 95,4% contre 90,3% en 2022, pour une norme minimale de 130%.
De son côté, la marge bénéficiaire (qui mesure la part du résultat d’exploitation dégagée sur le montant total des produits d’exploitation) a affiché une hausse de 3,5 points de pourcentage entre 2022 et 2023, en passant de 3,3% à 6,8%, pour une norme minimale de 20%.
Le coefficient d’exploitation (qui renseigne sur le niveau d’absorption du PNF par les frais généraux), s’est légèrement amélioré en se situant à 73,1% contre 76,3% en 2022, pour un plafond de 40% pour les structures de crédit direct et 60% pour les structures d’épargne et de crédit.
Le taux de rendement des actifs (qui met en rapport le montant des intérêts ainsi que les commissions perçus sur les actifs productifs de la période) s’est établi à 14,6% en 2023 contre 14,1% un an plus tôt, soit une hausse de 0,5 point de pourcentage, pour une norme minimale de 15%.
Pour sa part, le ratio de liquidité de l’actif a diminué de 4,1 points de pourcentage, en rythme annuel, pour se situer à 25,2% pour une norme minimale de 2% pour les structures de crédit direct et 5% pour les structures d’épargne et de crédit.
