Le classement 2024 des milliardaires africains, publié par Forbes, met en lumière deux des plus grandes fortunes marocaines, Aziz Akhannouch et Othman Benjelloun, qui se disputent les premières places sur le plan national et se hissent parmi les grandes figures économiques du continent. Ces deux personnalités influentes du royaume occupent respectivement la 14e et la 15e place dans ce prestigieux palmarès.
Aziz Akhannouch : un empire diversifié et en pleine croissance
Aziz Akhannouch, actuel Premier ministre du Maroc, est bien plus qu’un homme politique. À la tête du groupe Akwa, un conglomérat familial fondé en 1932, il domine plusieurs secteurs stratégiques de l’économie marocaine, notamment le pétrole, le gaz et la chimie. Akwa est un acteur majeur à travers ses filiales cotées, Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène, consolidant la position de son groupe sur le marché national et international.
Forbes estime sa fortune à 1,7 milliard de dollars, en nette progression par rapport à l’année précédente (1,5 milliard de dollars). Cette augmentation reflète la bonne santé financière du groupe Akwa, malgré les défis économiques globaux. Akhannouch, qui joue un rôle clé dans la politique marocaine, continue de jongler avec ses responsabilités publiques tout en maintenant la croissance de son empire privé.
Othman Benjelloun : un leader bancaire et un visionnaire en infrastructure
Face à Akhannouch, Othman Benjelloun, PDG de Bank of Africa (BOA), demeure l’un des piliers de la finance marocaine et africaine. Grâce à sa vision et à sa gestion stratégique, Benjelloun a transformé une participation héritée dans la compagnie d’assurances RMA en un empire bancaire présent dans plus de 20 pays africains. Sous son leadership, Bank of Africa est devenue l’un des principaux acteurs financiers du continent.
Via sa holding FinanceCom, Benjelloun a également investi dans les télécommunications, détenant une part dans la filiale marocaine d’Orange, l’un des plus grands opérateurs français. En outre, son projet de la tour Mohammed VI à Rabat, un gratte-ciel de 55 étages qui devrait devenir l’un des plus hauts d’Afrique, est un symbole de son ambition de marquer l’urbanisme et l’infrastructure du royaume.
En 2024, sa fortune s’élève à 1,6 milliard de dollars, en hausse par rapport aux 1,3 milliard de l’année précédente. Bien que devancé de peu par Akhannouch dans le classement Forbes, Benjelloun reste une figure incontournable de l’économie marocaine.
Le Maroc bien représenté dans le classement des milliardaires africains
Le classement Forbes 2024 des milliardaires africains, largement dominé par le Nigérian Aliko Dangote avec une fortune estimée à 13,9 milliards de dollars, souligne la place croissante du Maroc dans le paysage économique continental. Outre Akhannouch et Benjelloun, l’Algérien Issad Rebrab, propriétaire du groupe Cevital, est le seul autre Maghrébin à figurer dans ce classement, occupant la 11e place avec une fortune de 2,5 milliards de dollars.
Ce classement reflète l’expansion de la richesse des milliardaires africains, dont les fortunes cumulées ont fortement augmenté au cours de l’année écoulée. Si la compétition entre Akhannouch et Benjelloun témoigne de la vigueur des secteurs bancaire et industriel marocains, elle met également en lumière la capacité du Maroc à rivaliser avec les grandes fortunes africaines sur la scène internationale.
Forbes précise que ce classement se concentre sur les milliardaires résidant sur le continent ou exerçant leur activité principale en Afrique. Les fortunes africaines expatriées ne sont donc pas prises en compte, ce qui met encore plus en exergue l’importance des fortunes d’Akhannouch et Benjelloun dans le développement économique africain.
Classement des milliardaires africains 2024 :
- Aliko Dangote (Nigeria) : 13,9 milliards $
- Johann Rupert (Afrique du Sud) : 10,1 milliards $
- Nicky Oppenheimer (Afrique du Sud) : 9,4 milliards $
- Nassef Sawiris (Égypte) : 8,7 milliards $
- Mike Adenuga (Nigeria) : 6,9 milliards $
- Abdulsamad Rabiu (Nigeria) : 5,9 milliards $
- Naguib Sawiris (Égypte) : 3,8 milliards $
- Mohamed Mansour (Égypte) : 3,2 milliards $
- Koos Bekker (Afrique du Sud) : 2,7 milliards $
- Patrice Motsepe (Afrique du Sud) : 2,7 milliards $
- Issad Rebrab (Algérie) : 2,5 milliards $
- Mohammed Dewji (Tanzanie) : 1,8 milliard $
- Strive Masiyiwa (Zimbabwe) : 1,8 milliard $
- Aziz Akhannouch (Maroc) : 1,7 milliard $
- Othman Benjelloun (Maroc) : 1,6 milliard $
- Youssef Mansour (Égypte) : 1,3 milliard
