Les 500 millions USD (environ 300 milliards de FCFA) conclus dans le cadre d’un « Blue Bond » à la mi-août 2023 avec Bank of America et l’ONG The Nature Conservancy sont toujours en sursis. Mais aussi en danger. L’information est révélée dans un article publié le 13 septembre 2024 par le quotidien économique et financier britannique Financial Times.
Au moment de sa signature, cet accord, présenté comme « une prouesse financière et écologique », visait à « convertir une partie de la dette publique du Gabon en obligations « bleues » destinées à financer la protection des écosystèmes marins ». Un an après, il est désormais question de sa survie dans un contexte où la continuité des engagements internationaux du Gabon sous le nouveau régime militaire est remise en question. Surtout que le pays s’était engagé à respecter des objectifs de conservation spécifiques, suivis par The Nature Conservancy.
L’affaire est d’autant compliquée que le mécanisme de l’accord prévoit des conséquences sévères en cas de non-respect des engagements, pouvant aller jusqu’à un défaut de paiement sur le prêt bleu et potentiellement sur d’autres dettes. C’est donc cette menace qui plane désormais sur le gouvernement militaire gabonais, confronté à l’héritage financier et environnemental du régime Bongo. Depuis le 30 août 2023, les milieux financiers scrutent la capacité du nouveau régime à honorer cet engagement écologique et financier. Dans ce contexte, l’issue de cet accord novateur est un baromètre de la crédibilité internationale du Gabon post-Bongo et de son engagement envers la protection de ses ressources naturelles uniques.
L’exemple de cet accord suscite réflexion. Pour Olga Fedosova, associée chez White & Case, le cabinet d’avocats ayant représenté le gouvernement gabonais dans cette transaction, « cet accord au Gabon, et probablement tous les autres échanges de dette contre nature en général, nécessitent que les avocats effectuent certains éléments d’un travail juridique atypique ». C’est pourquoi elle se satisfait d’avoir conçu une structure suffisamment solide pour survivre aux ruptures politiques.
