La situation au Mali continue de s’envenimer, illustrant l’échec de la junte militaire à rétablir la sécurité qu’elle avait promise après le renversement du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) en août 2020. Ce mardi 17 septembre, Bamako a été secouée par une attaque armée contre un camp de gendarmerie, un événement qui sème la confusion et attise les inquiétudes sur la stabilité du pays.
Selon plusieurs témoins, des tirs et des explosions ont été entendus tôt le matin, provoquant la fermeture temporaire de l’aéroport de Bamako, situé à une dizaine de kilomètres du lieu de l’attaque. Les assaillants, dont l’identité et le nombre restent à déterminer, ont pris pour cible l’école de la gendarmerie de Faladié, un site stratégique qui abrite le Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (Garsi) et le Peloton d’intervention de la gendarmerie nationale (PIGN). Pour l’instant, aucune revendication n’a été faite, mais selon un responsable de la gendarmerie, il ne fait « pas beaucoup de doutes » qu’il s’agit de djihadistes. Cette hypothèse a été confirmée par l’état-major général des armées, qui a indiqué que « la situation est sous contrôle » et que « les opérations de ratissage sont actuellement en cours dans toute la zone ».
Ce nouvel acte de violence survient à seulement cinq jours de la fête de l’indépendance, le 22 septembre, et coïncide avec l’ouverture du procès très attendu sur l’achat de l’avion présidentiel et d’équipements militaires sous le régime d’IBK. Ce procès, qui se tient à la cour d’appel, voisine de l’école de gendarmerie, implique plusieurs personnalités civiles et militaires, y compris des proches de l’ancien président.
Cette attaque illustre une fois de plus l’incapacité des autorités actuelles, issues pour la plupart de la garnison de Kati, à sécuriser la capitale et à prévenir l’escalade de la violence, plongeant le pays dans une spirale d’insécurité qui semble échapper à tout contrôle. La junte au pouvoir, dirigée par le colonel Assimi Goïta, se trouve ainsi confrontée à un dilemme de taille : restaurer l’ordre qu’elle s’était engagée à garantir ou voir sa légitimité encore plus fragilisée par une crise sécuritaire qui s’enlise.
