Le Fonds Monétaire International (FMI) vient de tirer la sonnette d’alarme sur l’état de l’économie sénégalaise. Lors de sa dernière mission, conduite par M. Edward Gemayel du 5 au 12 septembre 2024, l’institution de Bretton Woods a exprimé son inquiétude face à une croissance plus lente que prévu et une détérioration budgétaire préoccupante. L’économie sénégalaise, avec une croissance du PIB réel limitée à 2,3 % au premier trimestre 2024, a enregistré un ralentissement marqué dans plusieurs secteurs clés tels que les mines, la construction, et l’agro-industrie. De plus, la faible demande intérieure et la baisse des prix internationaux ont contribué à une inflation modérée, mais les recettes budgétaires sont restées bien en deçà des attentes.
Le FMI, au terme de sa mission, a recommandé des mesures drastiques pour redresser la situation. Parmi celles-ci, la rationalisation des exonérations fiscales et la suppression progressive des subventions énergétiques non ciblées et coûteuses apparaissent comme des priorités. Ces réformes sont essentielles, selon le FMI, pour ramener le déficit budgétaire à un niveau conforme aux critères de convergence de l’UEMOA, et pour garantir que la dette publique suive une trajectoire descendante.
Le message est clair : sans actions immédiates et vigoureuses, atteindre l’objectif de déficit de 3 % du PIB fixé pour 2025 par l’UEMOA semble compromis. Le FMI souligne aussi la nécessité d’un inventaire précis des impayés de l’État envers les entreprises privées et d’un plan d’apurement transparent pour rétablir la confiance économique.
Les autorités sénégalaises, pour leur part, ont réaffirmé leur engagement en faveur des réformes. Cependant, cet engagement devra se traduire rapidement par des actions concrètes pour éviter une aggravation de la situation budgétaire. La balle est désormais dans le camp du gouvernement : des décisions courageuses sont indispensables pour naviguer dans ces eaux tumultueuses et redresser le cap de l’économie nationale.
Le FMI poursuivra ses discussions avec les autorités sénégalaises en octobre prochain, et il reste à voir si ces recommandations seront suivies d’effets. En attendant, le Sénégal doit faire face à un impératif : celui de rétablir sa stabilité économique tout en maintenant sa croissance et son développement social.
