L’Association Internationale de la Sécurité Sociale (AISS), en partenariat avec la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS) de Côte d’Ivoire, a organisé un séminaire sous le thème « Investissement des fonds de sécurité sociale pour la viabilité et la durabilité des systèmes de protection sociale ».
Cette rencontre de 72 heures, qui a débuté lundi 9 septembre à Abidjan, a rassemblé des experts de la sécurité sociale venus du monde entier pour discuter des perspectives d’avenir de ces systèmes.
Le séminaire a proposé une analyse approfondie des modèles d’investissement dans divers pays et des tendances mondiales en matière de gestion des fonds de sécurité sociale.
Dans son discours d’ouverture, Denis Charles KOUASSI, Directeur Général de la CNPS, a souligné que « la rareté des ressources à l’échelle mondiale nous impose de repenser nos stratégies ». Il a dressé un état des lieux des défis auxquels les systèmes de protection sociale sont confrontés et a appelé à une gestion proactive et innovante pour assurer leur pérennité.
Par ailleurs, M. KOUASSI a présenté les résultats significatifs obtenus par la CNPS grâce à une réforme ambitieuse initiée en 2012 sous la direction du Président de la République, Alassane Ouattara. « Cette réforme a fondamentalement transformé notre business model », a-t-il déclaré. De fait, la CNPS est passée d’un déficit cumulé de 200 milliards de FCFA en 2011 à des excédents constants de 211 milliards de FCFA en 2023, tandis que son portefeuille financier a bondi de 26 milliards en 2012 à près de 1000 milliards en 2023.
Il a également mis en lumière que l’investissement des fonds est devenu une source clé de financement pour la CNPS. En 2023, les revenus financiers ont couvert 156 % de la masse salariale et 23 % des prestations sociales. « Nous avons franchi un cap où la finance ne se contente plus d’être un complément, elle devient un moteur de nos opérations sociales », a affirmé M. KOUASSI.
Le Directeur Général de la CNPS a enfin insisté sur le fait que les mécanismes traditionnels de financement, basés sur les cotisations salariales, ne suffiront pas à assurer la durabilité des systèmes de sécurité sociale en Afrique, où le taux de salariat reste faible. « Certains évoquent des alternatives comme la TVA sociale, mais à cela nous répondons : regardez du côté de la finance », a-t-il conclu, appelant à une approche audacieuse de l’investissement des fonds de sécurité sociale.
