C’est l’ancienne équation toujours irrésolue pour les Etats de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Le coût élevé du transport ferroviaire comparé à celui, relativement accessible, de la route continue de guider les choix de politiques publiques. En effet, les projections sur les 8 500 km d’autoroutes qui doivent relier toutes les capitales des pays de l’UEMOA (dont 9 % sont déjà réalisés) nécessitent un investissement de 18 000 milliards de FCFA, selon les estimations du Programme d’Actions Communautaires d’Infrastructures et de Transport Routier (PACITR), présentées le 10 septembre par Aboubakar Sidiki TOURE, Directeur des infrastructures à la Commission de l’UEMOA, lors d’un atelier de sensibilisation destiné aux journalistes de la région.
Dans le même temps, la réhabilitation des 2 928 km de la boucle ferroviaire reliant la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger, le Bénin et le Togo est estimée à 6 376 milliards de FCFA. Ce montant grimpe à 10 278 milliards de FCFA si l’on opte pour la construction d’un nouveau tracé ferroviaire. Concrètement, il faudrait 2,1 milliards de FCFA pour chaque kilomètre d’autoroute, contre 3,5 milliards de FCFA pour chaque kilomètre de rail neuf dans le cadre du projet de la boucle ferroviaire du Niger.
Ces estimations, qui ne prennent pas en compte la répartition des investissements entre les États et varient selon qu’il s’agit de projets financés par les budgets publics ou par des partenariats public-privé (PPP), donnent un net avantage au transport routier. Toutefois, il reste nécessaire de prendre en compte d’autres perspectives : durabilité, fluidité, performance logistique, et la supériorité du rail pour le transport de masse.
Quoi qu’il en soit, les déficits d’infrastructure incitent à l’action. L’UEMOA ne compte que 5 km de routes pour 100 km² et 2,4 km pour 1 000 habitants. Pour le ferroviaire, la région dispose de 1,02 km de voies ferrées pour 1 000 km², comparativement à 2,7 km pour 1 000 km² en moyenne en Afrique et 400 km pour 1 000 km² en Europe. Le chemin reste long, tant par route que par rail.




