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Election présidentielle en Algérie : le jour d’après, l’économie et les perspectives 

Par Abderrahmane MEBTOUL, Professeur des universités Au lendemain des présidentielles algériennes du 7 septembre, l’économiste Abderrahmane MEBTOUL fait l’inventaire des enjeux économiques et sociaux. Pour cet expert international, docteur d’Etat, expert-comptable de l’Institut supérieur de gestion de Lille France, les  défis  du président algérien sur la période 2025/2030  sont nombreux, exacerbés par les tensions géostratégiques  et…

Par Abderrahmane MEBTOUL, Professeur des universités

Au lendemain des présidentielles algériennes du 7 septembre, l’économiste Abderrahmane MEBTOUL fait l’inventaire des enjeux économiques et sociaux. Pour cet expert international, docteur d’Etat, expert-comptable de l’Institut supérieur de gestion de Lille France, les  défis  du président algérien sur la période 2025/2030  sont nombreux, exacerbés par les tensions géostratégiques  et une situation socio-économique complexe.

Après les élections présidentielles en Algérie du 07 septembre 2024  et  face à une situation complexe tant interne qu’externe, aux tensions géostratégiques aux frontières, le défi numéro 1  du président de la république est la  relance l’économie nationale. Tout processus de développement a  pour finalité  l’amélioration de la situation sociale de la majorité des citoyens : brandir  le PIB, un balance commerciale excédentaire, le niveau de réserves  de change a une signification limitées  si on assiste à la détérioration  du niveau de vie des populations frappées par l’inflation et le chômage.

Ainsi, un taux de croissance relativement élevé en T1 par rapport à un taux de croissance faible en T0 donne, cumulé,  un taux faible. De même, un  taux d’inflation et de chômage  faible en T1 par rapport à un taux élevé  en T0 donne cumulé un taux élevé d’où l’importance de raisonner sur une longue période entre 5/10 ans.
L’on devra ainsi   éviter la manipulation des données, devant les insérer au sein d’un cadre théorique cohérent, Morgenstern, le fondateur de la statistique opérationnelle moderne, ayant écrit à la fin de sa vie un ouvrage intitulé : «comment mentir par la manipulation des statistiques». 

 1.-Une économie  fortement dépendante de la rente des hydrocarbures 

  Sonatrach    procure,   selon les statistiques officielles, avec les dérivées inclus dans la rubrique hors hydrocarbures, environ 98% des recettes en devises . Au  sein de la structure  du produit  intérieur brut,   les statistiques officielles donnent environ 35% pour le secteur énergie.

Mais Sonatrach  alimentant indirectement   la majorité des segments agriculture, industrie services,  en triangularisation mathématiquement la  matrice du PIB ,  nous avons en réalité plus de 75% dans sa contribution au  PIB. La réalité est que Sonatrach irrigue l’ensemble de l’économie algérienne ayant permis le taux de croissance, les réserves de change et les  transferts sociaux pour assurer la cohésion sociale d’un montant en 2023  de 5000 milliards de dinars  soit, au cours actuel de 134 dinars pour un dollar, 37,31 milliards de dollars.    Aussi, selon  la majorité des institutions internationales, l’Algérie  fortement dépendante entre 2025/2030 des hydrocarbures,  ces objectifs dépendront de l’évolution de la quantité exportable, pétrole et gaz,  et des prix des hydrocarbures , le cours  durant  mai  à aout 2024 fluctuant entre 78 et 80 dollars. Concernant le  Brent, le cours ayant tombé le 07 septembre 2024,   à un niveau extrêmement bas de  71,06 dollars. Le mégawattheure pour le gaz se négociant entre 30 et 40 dollars dollars, le  prix se calculant en fonction des tensions géostratégiques, de l’évolution  de la croissance de l’économie mondiale  et du nouveau modèle de consommation énergétique mondial s’orientant  vers la transition énergétique
C’est dans ce cadre  que  le  ministre  algérien de l’Energie et des Mines  et le PDG de Sonatrach ont     annoncé, courant mai 2024,   que l’Algérie pourrait produire, ( étant la sommation  de  la  consommation intérieure et des exportations)   dans les cinq prochaines années (2029/2030) , 200  milliards de mètres cubes gazeux   dont  100 milliards destinés à l’exportation car il faut réinjecter entre 20 et 25% du gaz dans les  puits pour éviter leur dessèchement. 
Les  prévisions de Sonelgaz prévoient 80 milliards de mètres cubes gazeux  pour la consommation intérieure du fait de la forte pression démographique, avec une population projetée à
plus de 50 millions d’habitants  en 2030. À cette date, bon nombre de secteurs  nouveaux seront consommateurs d’énergie.

 Ces objectifs de 100 milliards d’exportation de gaz ( actuellement GN  67% et GNL 33%) , imposent un investissement dans les GNL pour plus d’autonomie,  l’Algérie étant avant tout un  pays gazier, avec 2 400 milliards  de mètres cubes gazeux de réserves  pour le gaz traditionnel, 19 800 milliards  pour le gaz de schiste, mais nécessitant un consensus social et la protection de l’environnement,  et entre 10 à 12 milliards de barils de pétrole de réserves sont réalisables sous réserve de grandes découvertes  et d’  une nouvelle politique des subventions ciblées. Cependant, attentions à une politique ne tenant pas compte de la  réalité sociale : le revenu moyen de l’Algérien est environ 20% de celui de l’européen,  d’où la nécessité d’ appliquer le système des subventions  au profit des régions, des catégories sociales à faibles  revenus ainsi que transitoirement pour des segments inducteur de valeur ajoutée ( étude réalisée sous la direction du professeur Abderrahmane Mebtoul assisté des cadres de Sonatrach et du bureau d’études américain Ernst & Young 8 volume 890 pages, MEM Alger, 2008-pour une nouvelle politique des carburants, dossier présenté aux députés APN axée sur une politique des subventions ciblées pour les carburants).

 La nouvelle  politique des carburants implique donc à l’avenir tant aux opérateurs économiques, aux institutions de l’Etat central et local et aux citoyens , de rationaliser leur consommation, en vue d’économiser et permettre  d’exporter vers les marchés extérieurs pour générer des devises au profit de  l’économie nationale. Dans cette perspective, Sonatrach, dans le cadre du Mix énergétique, entend axer sa politique sur la diminution des gaz torchés, la réduction de l’empreinte carbone, être un acteur efficace au sein de la chaîne de valeur des énergies renouvelables, ainsi que de l’hydrogène vert, bleu et blanc, rentrant dans le cadre d’une transition énergétique maîtrisée.

L’Algérie entend devenir  un acteur majeur d’approvisionnement  en énergie de l’ Europe ( il en est actuellement 2ème fournisseur avec 19% en 2023) et  d‘autres marchés lointains en développant le GNL dans le cadre de partenariats gagnant – gagnant . Avec le développement des énergies renouvelables dont  le solaire ( 3000 heures de soleil par an) . l’objectif est d’ atteindre 35/40% de la  couverture des besoins intérieurs  2030/2035  avec une  partie exportable de 10.000/11.000 MW  ( source Ministère Énergie ) grâce aux interconnexions et concernant hydrogène  vert et  bleu (n’oublions pas l’hydrogène blanc) 15% de la couverture des besoins de l’Europe horizon 2035, , un montant d’investissement  entre 25/30 milliards de dollars ayant été dégagé par le gouvernement algérien. Sous réserve de l’attrait d’investissements étrangers porteurs, l’Algérie peut  devenir un acteur majeur de l’approvisionnement de l’Europe en Énergie dans le cadre  des négociations pour le lancement du   raccordement électrique  entre l’Algérie et les pays européens via la Méditerranée

2.-Des indicateurs financiers positifs  dépendants  des  fluctuations des recettes d’hydrocarbures avec  un important déficit budgétaire 2023/2024

Selon les derniers rapports pour l’année 2023 de la Banque d’Algérie et de la Banque mondiale, les indicateurs macro financiers sont relativement positifs mais fortement dépendants   de la rente des hydrocarbures et devant entre 2025/2030 les synchroniser la sphère financière et  la  sphère réelle afin de diminuer le taux  le chômage , le taux d’inflation, la dépréciation du dinar et lutter contre la sphère informelle. . Dans sa  note de conjoncture fin décembre 2023, la banque centrale indique qu’avec une part de 33,35 % du total de la masse monétaire à fin septembre 2022, contre 33,47% à fin 2021, la circulation fiduciaire hors banques, s’est accrue de 10,18% entre les deux périodes, soit   7395 milliards de dinars  à fin septembre 2023 contre 6712 milliards de dinars  fin décembre 2021, soit, au cours de 134 dinars pour un dollar, un cumul de 50,08 milliards de dollars à 55,15 milliards de dollars.
Par ailleurs, le  cours officiel du dinar (cours achat) en 1970, a été de 4,94 dinars un dollar, en 1980 à 5,03 dinars un dollar ; – 2001 : 77,26 dinars un dollar et 69,20 dinars un euro– 2020 : 128,31 dinars un dollar -; en 2022 140, 24 pour un dollar et 139,30, un dinar pour 1 euro,  en 2023  une moyenne de  134,50  dinars un dollar  et  146.83 un euro,  et le 07 septembre 2024  132, 3378 dinars un dollar et  146, 7957 dinars  un euro,  la   dépréciation officielle du dinar permettant  d’augmenter artificiellement la fiscalité des hydrocarbures (reconversion des exportations d’hydrocarbures en dinars) et la fiscalité ordinaire (via les importations tant en dollars qu’en euros convertis en dinar dévalué), cette dernière accentuant l’inflation des produits importés (équipements), matières premières, biens, montant accentué par la taxe douanière s’appliquant à la valeur du dinar, supportée, en fin de parcours, par le consommateur comme un impôt indirect, l’entreprise ne pouvant supporter ces mesures que si elle améliore sa productivité. 

Quant au dinar sur le marché parallèle, le  cours de vente fluctue entre 240/ 241 dinars soit un écart qui est passé en 10 ans de 33% à  plus de 60% favorisant les délits d’initiés lors des importations et le trafic aux frontières. Pour la BM, après huit années consécutives de déficit continu de 2014 à 2021, le solde de la balance des paiements a enregistré un deuxième excédent consécutif en 2023.  Cet excédent s’est toutefois fortement contracté par rapport à celui enregistré en 2022, passant de 18,4 à 6,3 milliards de dollars.  Pour la BM , la balance commerciale est repassée dans le vert en 2022 avec un excédent de 9,9 milliards de dollars, puis de 3 milliards de dollars en 2023  et   la balance des paiements de l’Algérie devrait évoluer en terrain négatif les trois prochaines années, avec des déficits de 1,5 milliard de dollars, 3,8 milliards et 5,3 milliards de dollars respectivement en 2024, 2025 et 2026.  Le déficit commercial de l’Algérie devrait suivre la même courbe avec des déficits de –0,7 milliard en 2024, –3 milliards de dollars en 2025 et –4,5 milliards de dollars en 2026.  
Cependant la balance commerciale ne reflète pas la situation réelle d’un pays , devant analyser la balance des  paiements qui inclut le mouvement  des capitaux et surtout  des services  où les  importations  sont passées de 10 milliards de dollars en 2019/2020 à environ 6 milliards de dollars entre 2022/2023   Ces  données  expliquent l’important niveau du déficit budgétaire. L’Algérie  devra dans les années à venir  fonctionner avec plus de rigueur budgétaire  afin de contenir tant la dette publique  que l’important déficit budgétaire où  tout montant non affecté à des activités productives  a pour effet d’accélérer le taux d’inflation qui joue comme facteur de redistribution au profit des revenus variables , souvent des segments  spéculatifs et pénalise les revenus fixes. 
Avec une dette publique  estimée à 49,5 % du PIB en 2023 (contre 48,1 % du PIB en 2022), les données internationales reprenant le PIB avant sa réévaluation, à  près de 55% en 2023 ,  58,8% en 2024 et 63,9% en 2025 ( https//fr statistica.com, international), la loi de finances 2024  prévoit des dépenses de l’ordre de 15275,28 milliards de dinars soit au cours retenu de 134 dinars un dollar 113,99 milliards de dollars, un record historique, et des recettes de l’ordre  de 9105,3 milliards de dollars soit  67,95 milliards de dollars, avec un déficit budgétaire de -6170 mds de dinars, soit au cours retenu de 134 dinars un dollars 46,04 milliards  de dollar soit -17,4% du produit intérieur brut, estimé à 264 milliards de dollars  contre  en 2023 40,35  milliards de dollars  (–16,4% du PIB)  estimé à 244/245 milliards de dollars, le cours ayant été   de 137 dinars un dollar. Toute dérapage du dinar pour ne pas  dire dévaluation   tant vis-à-vis de l’euro que du dollar  atténue le déficit budgétaire, mais étant une épargne forcée  au détriment du consommateur,  du fait que les recettes d’hydrocarbures sont converties en dinars dévalué par la Banque d’Algérie  et que  les taxes des importations s’appliquent également à un dinar dévalué mais pour ce dernier  étant une épargne forcée supportée tant  par les entreprises publiques et privées   du fait que 85% des matières premières et équipements  proviennent de l’extérieur, le taux d’intégration entre 2023/2024 ne dépassant pas 15%.  Pour la banque d’Algérie  l’inflation s’est atténuée en 2023, enregistrant un taux de 7,4% à la fin de l’année 2023, contre 9,29% à fin 2022. Mais . juguler ‘l’inflation qui dépend avant tout de l’accroissement  de l’offre , évitant de pénaliser les petits détaillants dont les mesures administratives les contraints à rejoindre la sphère informelle, qui ne font que répercuter  outre les couts initiaux  sont les couts salariaux,  la  dévaluation du dinar , les prix internationaux s inputs importés et les longs circuits de distribution qui a dépassé les 9/10%  entre  2022/2023,et  durant les 9 premiers mois de 2024 5/7%  avec une tendance haussière durant  le troisième trimestre 2024.  En référence à la loi de finances 2023, l’Algérie a besoin d’un baril de pétrole à près de 149,2 dollars pour assurer cet équilibre selon les données du rapport du FMI d’octobre 2022 contre 135 dollars pour l’exercice 2020/2021 et 100/109 pour l’exercice 2019/2020 et beaucoup plus en référence aux lois de finances 2023/2024 avec l’accroissement du déficit budgétaire

3.-Qu’en est -il des prévisions du PIB 2025/2030 et  des  exportations  hors hydrocarbures ?

Pour atteindre  2028/2030 environ  400 milliards de dollars de PIB à horizon 2028/2030, il y a lieu de lever les  contraintes bureaucratiques , attirer les partenaires étrangers et réaliser de profondes réformes structurelles.  L’Algérie étant avant tout un pays gazier ( environ 2400/2500 milliards de mètres cubes de réserves du gaz traditionnel) et non un pays pétrolier ( entre 10/12 milliards de barils) se  pose la question, comment   doubler les exportations de gaz horizon 2028/2030   , les exportations en 2023 ayant été de 52 milliards de mètres cubes gazeux  dont 33% de GNL   Pour cela il faudra produire 200 milliards de mètres cubes gazeux, 100 à l’exportation, 80% pour la consommation intérieure qui entre 2023/2024 approche  les exportations actuelles, et injecter dans  les  puits pour éviter leur  épuisement  environ  20% .   Le  PIB  après réévaluation du PIB par le gouvernement algérien en 2023  est  de  243 milliards de dollars qui  devrait passer   selon le FMI, sous réserves de profondes réformes, en 2024 à  268 milliards de dollars ,  à 293 milliards de dollars en 2025,  à  318 milliards de dollars en 2026 et à  370 milliards de dollars  en 2028, pouvant  atteindre  400 milliards de dollars  de PIB  entre 2029/2030, Mais cela est conditionné par  un taux de croissance de en termes réel et non nominal plus de  4/5% par an   Pour les   exportations  hors hydrocarbures, comme rappelé précédemment,  selon les données officielles de la banque d’Algérie (source APS)   les exportations en 2023 ont été  50,4 milliards de dollars d’hydrocarbures (contre 59,7 milliards en 2022), soit une « baisse de 16,9 %  et les  exportations hors hydrocarbures ayant  baissé de 15%, passant de 5,9 milliards en 2022 à 5,05 milliards de dollars pendant l’exercice 2023  et les  importations, elles ont enregistré un bond de 10,5%, passant de 38,757 milliards de dollars à fin décembre 2022 à 42,842 milliards de dollars à la même période de 2023   Pour 2022, les statistiques douanières reproduite par l’agence APS  donnent un autre montant  de 6,55 milliards de dollars  et non 5,9 milliards de dollars , ventilés ainsi :en millions de dollars : chimie pétrochimie et dérivées d’’hydrocarbures 4248,09 millions de dinars- médicaments et produits pharmaceutiques 3,61, matériaux de construction, ciment et rond à béton 1017,43- métallurgie sidérurgie 423,40- plastique, caoutchouc-verre 172,00- autres secteurs industriels 415,12- produits agro- alimentaires 149,69- produits agricoles 103,68 millions de dinars   donnant un total de 6533,02 millions de dollars  Si l’on inclut le ciment, le rond à béton, dominants dans les matériaux de construction, les exportations étant des semi-produits à faible valeur ajoutée et bénéficiant d’importantes subventions (dont le prix du gaz à environ 10/20% du prix international), nous avons un taux de 80,60% ; restant aux autres produits 19,40% alors que certains soi disant experts organiques, selon l’expression du philosophe italien Gramsci  induisant en erreur le président de la république et les plus hautes autorités du pays ont avancé sans analyses sérieuses  13 milliards de dollars  entre 2024/2025 ( données reprises par l’APS)  courant 2025, et certains responsables  , sans dire comment , 30 milliards de dollars entre 2029/2030D’une manière générale, cet objectif de doubler les exportations hors hydrocarbures pour un montant réaliste  de 10/13 milliards de dollars horizon 2028/2030, il faut être réaliste, sera fondamentalement tributaire des dérivées d’hydrocarbures, d’où l’importance d’encourager la pétrochimie dont le grand projet de la raffinerie de Hassi Messaoud qui devait être lancé en 2024 accuse un retard. Car , pour bien situer les enjeux des exportations hors hydrocarbures dans le temps et non se fier aux facteurs conjoncturels, il faudrait pour un bilan serein en dressant la balance devises nette et donc répondre aux questions fondamentales suivantes. Quelle est la part des entreprises publiques et privées et leurs formes d’organisation, entreprises par actions, SARL ou unités uni personnelles ;  la répartition spatiale par zones  géostrophiques, en mentionnant le  chiffre d’affaires, la structure des coûts; mettre en place des tableaux comptables de prospectives physico-financiers, afin d’ analyser les évolutions des  exportations en volume et en  sur une longue période pour corriger l’effet prix ; le  taux d’intégration des unités exportatrices devant retirer toute les matières premières et services importées en devises qui ont un impact sur la balance des paiements et enfin quantifier toutes les subventions dont les bonifications des taux d’intérêt et pour les unités fortes consommatrices d’énergie, aligner le prix du gaz sur celui du prix international pour calculer leur rentabilité réelle dans un cadre concurrentiel mondial. Pour atteindre entre 10/15 milliards de dollars entre 2028/ 2030, il faut être réaliste, en référence à la structure des prix de 2024, il faudra augmenter le volume de près de 40%, nécessitant de profondes réformes structurelles, la concurrence étant  vivace au niveau mondial, car  les exportations hors hydrocarbures   supposent des entreprises publiques et privées concurrentielles  dans le cadre des avantages comparatifs  mondiaux en rappelant qu’un projet  entre l’idée et sa réalisation, selon son importance, fonction de la levée des contraintes bureaucratiques,  demande  entre 2/4 ans  et entre la durée de sa mise en exploitation et son seuil de rentabilité, pour les PMI/PME  2 à 3 ans et pour les projets hautement capitalistiques  entre 5/7 ans

4.-Quelles perspectives  horizon 2028/2030?

Dans ce contexte pour les perspectives, il s’agit de replacer l’Algérie en Afrique.  Sur un PIB   mondial en  2022  101300 milliards de  dollars  , le total des 10 premiers pays  arrivant en tête  les USA, la Chine, le Japon, l’Europe  des 27 , nous avons 67384 milliards de dollars soit près de 66,51% du PIB mondial. Pour l’Afrique, le PIB  pour une population d’environ 1,4 milliard d’habitants, existant  des  Afriques et non une Afrique avec d’importantes disparités,  en 2023  est  estimé à 2700  environ 2,7% du PIB mondial , l’équivalent  de celui de la France  qui a une population de 68 millions d’habitants. En 2022, nous avons par ordre décroissant 1.-  Nigeria 473 milliards de dollars  -2.-Egypte 471- – 3.-Afrique du Sud 422  -– 4.-Algérie 190 -5.- – Maroc  150 – 6.-Angola 135-  7.-  Kenya- 126-  8.-  Ethiopie 117-  9.-Tanzanie .-85-  10 Ghana – 74  –  11.- Côte d’Ivoire 70 –  12 RDC 64   soit un total pour ces douze pays  2377   soit 95% sur les 2500 de PIB , 2,5% du PIB mondial  en 2022   et trois pays Nigeria, Egypte et Afrique du Sud 1366 milliards de dollars soit 54,64% .. Cependant pour 2024  selon  le Fonds Monétaire International (FMI) pour les prévisions de  2024, (rapport d’avril 2024) ,  la première place c’est  l’Afrique du Sud avec PIB  373   milliards de dollars  suivi de  l’Egypte, avec un PIB  de 347,60 milliards de dollars, l’Algérie  occupant  le 3ème rang, avec un PIB de 266,80 milliards de dollars et le Nigeria  avec un PIB  qui était de  375 milliards de dollars en 2023  devrait tomber à 253 milliards de dollars en 2024, ces quatre pays devraient représenter  plus de 40% du PIB de l’Afrique qui compte 55 pays. Quant taux défis internes, rappelons  que le   seuil de rentabilité d’une PMI/PME après sa date de mise en exploitation est de trois minimum  et pour les projets hautement capitalistiques  pas avant 5/7  ne devant pas confondre lettres d’intention qui n’engagent nullement  le partenaire étranger  et d’évoquer  le nombre de projets déposés mais de donner  les réalisations effectives, en rappelant que  les organes officiels avaient annoncé plus de 10.000 projets entre 2000/2020 mais à peine 15% ayant été réalisés, avec des  projets de l’ex l’ANSEJ dont les prêts  bancaires n’ont pu être remboursés. . Pour ne citer que quelques projets structurants,  cela sera pour le cas du fer de Gara Djebilet 3eme réservoir mondial, mais devant résoudre des problèmes techniques et descendre  à l’aval pour avoir une grande valeur ajoutée  où il est prévu seulement fin 2026 l’opérationnalité de la ligne de chemin de fer-Gara Djebilet-  Tindouf Béchar, idem pour les projets de zinc et de phosphate  toujours en négociation. Le  seuil de rentabilité  de ces projets est prévu entre 2029/2030, sous réserve que l’on respecte les délais  et  la maîtrise des coûts.  Force est de constater que l’Algérie connaît une désindustrialisation de l’économie du pays alors que ce secteur est un des facteurs déterminant de la croissance de l’économie nationale. Toutes  les études  montrent  que la part de l’industrie dans le PIB et le PIB hors hydrocarbures est sur une courbe décroissante  entre 1965/2023   , 1965/1977 près de 13% du PIB , 11% entre 1985/1999, 6,6% en 2000/2005 et  selon le ministère  de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, le   secteur industriel national en Algérie contribue fin  2023  à  4,1% du PIB (source APS  12 mai 2024) :  entreprises publiques et privées ne dépassent pas  15% en 2023 du taux d’intégration  donc dépendantes  des importations  via la rente des hydrocarbures à plus de 85% pour leur fonctionnement .  Aussi les perspectives de l’économie algérienne sont tributaires d’une plus grande rigueur budgétaire, éviter de dépenser sans compter,  au sein d’une planification stratégique, des entrées en devises fonction de l’évolution des prix des  hydrocarbures, des capacités d’attrait de l’investissement étranger,  de la réforme  du système financier dans sa globalité, banques, fiscalité, douane, domaine, du système socio éducatif depuis le primaire  au supérieur en passant par la formation professionnelle ,il  faut un taux de croissance   entre 2025/2030  de 8/9% pour absorber le flux additionnel annuel de demande d’emplois  entre 350.000/400.000/an qui s ‘ajoute au taux de chromate évalué par les organismes internationaux en 2023   à plus de 14% et  si l’on prend les dernières déclarations du ministre du travail du nombre de demandeurs d’allocations chômage, plus de   2, millions rapporté à la population active,13 millions en 2023, cela  donne un taux entre 17/18%   L’on devra revoir le système de formation si l’on veut éviter de diplômés chômeurs,  où avec les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle la structure de l’emploi  à fortes qualification étant appelé à évoluer. Il y a également la réforme    du foncier industriel ( également agricole de grandes superficies sont nécessaires pour faire baisser les coûts)  où certaines collectivités locales livré sans les utilités et à des prix exorbitants , des institutions  avec une réelle décentralisation autour de six à sept grands pôles économiques régionaux,  pour une participation citoyenne  et dont   la levée du  blocage numéro un  de l’économie algérienne,  l’hydre bureaucratique qui enfante la sphère informelle.   La lutte contre la corruption à ne pas confondre avec acte de gestion afin de ne pas  freiner les énergies créatrices des  managers, avec la moralité de la gestion de la Cité,  doit être la priorité  . Il s ‘agira de créer un nouveau tissu économique reposant sur les nouvelles technologies ne devant plus  assainir des entreprises publiques  qui ont coûté au trésor public 250 milliards de dollars selon un rapport du premier ministère  durant  les  trente dernières années à fin 2020( source APS) et les assainissements ont continué entre 2021/2023, 80% de ces entreprises étant revenues à la case de départ , montrant que cela n’est pas  une question de capital-argent, et devant retenir les expériences réussies, ne pouvant privatiser partiellement ou totalement que les unités potentiellement rentables ( goodwill positif) .  Les réformes par l’amélioration du climat des affaires doivent contribuer  grâce à l’accroissement de la production et de la productivité à l’appréciation de la  valeur du dinar ,   diminuer le taux d’inflation  qui lamine le pouvoir d’achat et créer des emplois productifs et non des emplois rentes. 

En conclusion,  en    ce début de septembre 2024 Sonatrach c’est l’Algérie et l’Algérie c’est Sonatrach  espérons  qu’à l’avenir que les  actions du président de la république s’inscrivent dans le  cadre d’une planifications stratégique s’appuyant sur les  forces sociales réformistes, qui ne sauraient s’assimiler à des fonctionnaires aux ordres  afin de  contribuer à asseoir une économie diversifiée dans le cadre des avantages comparatifs mondiaux en accélérant les  réformes  structurelles qui trouveront de fortes résistances  des  forces sociales des tenants de la rente car ayant un impact sur la recomposition du pouvoir.Outre les tensions géostratégiques aux frontières de l’Algérie, la situation socio-économique interne est complexe et la période septembre 2024/ septembre 2029  sera une période charnière : redressement national ou régression économique et sociale. D’où l’urgence d’accélérer les  réformes, devant  orienter  l’Algérie  vers une économie de marché à finalité sociale, conciliant   efficacité économique et cohésion sociale , loin des relations de clientèles de rente autour des axes directeurs suivants : la valorisation du savoir en intégrant la diaspora ,  une nouvelle gouvernance axée sur une plus grande rigueur budgétaire, une planification stratégique afin d’éviter de naviguer à vue,  éviter des assainissements  et réévaluations à répétition  avec des distributions de salaires sans contreparties productives qui conduisent à terme à la dérive  sociale, devant favoriser   des entreprises concurrentielles , qui seules créent de la richesse qui doivent s’adapter  à  la nouvelle reconfiguration mondiale. devant assister à une nouvelle recomposition du pouvoir économique mondial 2030/2040 où toute Nation qui n’avance pas  recule forcément, n’existant pas de situation statique

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