L’empire du milieu n’a pas lésiné sur les moyens avec une approche diplomatique de séduction, en accueillant sur son sol vingt cinq (25) chefs d’État africains venus assister à la neuvième édition du Forum de la coopération Afrique-Chine (Focac) qui s’ouvre officiellement ce mercredi 4 septembre, et prend fin le 6. Tapis rouge, banquet présidentiel de bienvenue avec le leader chinois, Xi Jinping. On est certes loin des 43 chefs d’État africains du sommet Russie-Afrique de Sotchi, en octobre 2019, sur les bords de la mer Noire, mais la Chine veut montrer au reste du monde sa proximité privilégiée avec l’Afrique, continent de toutes les convoitises.
C’est en jetant un coup d’œil aux chiffres que l’on se rend bien compte que dans les faits, il n’est pas fortuit pour la Chine de se revendiquer comme une « amie de l’Afrique ». Les échanges commerciaux entre Pékin et l’Afrique ont atteint 282,09 milliards de dollars en 2023, un montant en hausse de 1,5% entre 2022 et 2023, selon des données publiées par la douane chinoise, faisant de la Chine le premier partenaire commercial du continent.
Les exportations chinoises s’établissaient en 2023 à 172,78 milliards de dollars, contre 109,31 milliards de dollars d’importations africaines. Des données qui laissent penser à un partenariat à sens unique. C’est d’ailleurs pour essayer de rééquilibrer cette balance commerciale dans un esprit gagnant-gagnant que la Chine a décidé de supprimer les droits de douane sur 98 % des produits importés de 21 pays africains.
Du point de vue des investissements, des échanges commerciaux et des créances, la Chine semble indétronable sur le continent. C’est à juste titre qu’elle détient l’essentiel de la dette africaine. La Russie avec des échanges avec l’Afrique en 2022, estimés à 18,5 milliards de dollars et les États-Unis avec 65,7 milliards de dollars ont un retard astronomique sur la Chine, en Afrique. Le Focac 2024 est ainsi un instrument de Pékin pour rassurer ses partenaires africains, leur donner des gages pour une meilleure plus-value afin de profiter de la dynamique de l’économie chinoise malgré son ralentissement de ces dernières années. Avec notamment des promesses d’investissement dans les infrastructures, l’énergie et l’éducation.
Quant à l’empire du milieu, il veut sécuriser ses approvisionnements en matières premières, et particulièrement en métaux stratégiques essentiels à la transition énergétique. Mais surtout, Pékin entend se positionner comme un acteur incontournable du continent, tenir tête à son principal rival, les États-Unis qui s’investissent pour rattraper son retard. Pékin et Moscou voit en l’Afrique un acteur incontournable sur le plan géopolitique sur lequel ils peuvent s’appuyer pour redéfinir un nouvel ordre mondial.
