Nettement distancée dans le respect des critères de convergence par les pays de l’Union économique et monétaire Ouest Africaine (UEMOA), les pays membres de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) se réunissent à Conakry, Guinée, du 9 au 13 septembre 2024 pour des réunions statuaires devant aller au delà des déclarations symboliques.
Cet événement rassemble des acteurs clés de l’économie de la région, incluant les Ministres en charge de l’Économie et des Finances, de l’Intégration Africaine et du Commerce, ainsi que les Gouverneurs de Banques Centrales, des experts, et des hauts cadres des six pays membres de la ZMAO : la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Liberia, le Nigeria, et la Sierra Leone.
Ces réunions auront pour objectif de discuter des questions liées à la convergence macroéconomique, à l’intégration commerciale, à la coopération monétaire, ainsi qu’à la stabilité des secteurs financiers et aux systèmes de paiements et de taux de change entre les pays membres.
Créée en 2000, la ZMAO regroupe les pays membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui n’utilisent pas le franc CFA. Elle a pour but de créer une monnaie commune, l’eco, sur le modèle de l’euro de l’Union européenne. Ce projet devait initialement aboutir à une fusion avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), formant une zone monétaire unique au sein de la CEDEAO. Toutefois, la réalisation de cet objectif a été retardée à plusieurs reprises, et le calendrier pour l’adoption de la nouvelle devise a été constamment repoussé depuis 2015 puis 2020, le contexte morose post Covid servant désormais d’excuses.
Récemment, le Directeur Général de la ZMAO, Dr Olurunsola Olowofeso, a déclaré que l’objectif d’introduire l’eco en 2027 est désormais considéré comme « non réaliste ». Selon lui, les États membres ne remplissent pas encore tous les critères de convergence nécessaires, qui incluent un taux d’inflation inférieur à 5 %, un déficit budgétaire ne dépassant pas 4 %, une limite de financement du déficit par la banque centrale à 10 %, et des réserves de change couvrant au moins six mois d’importations. En 2023, le score de performance de la ZMAO est tombé à 29,3 %, contre 41,7 % en 2022, soulignant les défis rencontrés dans l’atteinte de ces critères.A noter que l’inflation a culminé à 34,2 % au Nigeria en juin 2024, un pic de 28 ans. Le Ghana présentait dans la même période une inflation de 22,8% contre des taux inférieurs à 4 % pour la Côte d’Ivoire et le Sénégal, les deux locomotives de l’UEMOA.
Cette rencontre de Conakry constitue une nouvelle opportunité pour les membres de la ZMAO de réévaluer leur stratégie et de décider des prochaines étapes pour l’intégration monétaire et économique en Afrique de l’Ouest.
