Le 9ᵉ sommet Chine-Afrique, qui se tient à Pékin du 4 au 6 septembre, semble se dérouler sous un air de déjà vu, avec des chefs d’État africains de toutes les régions du continent convergeant vers la capitale chinoise pour ce Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC). Parmi eux, on retrouve le président congolais Félix Tshisekedi, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le Nigérian Bola Tinubu, ainsi que le Sénégalais Bassirou Diomaye. Sous le thème de « Unir nos forces pour faire avancer la modernisation et construire une communauté sino-africaine de haut niveau avec un avenir commun », ce sommet met en lumière la volonté de Pékin de renforcer ses liens avec l’Afrique.
L’effacement partiel de la dette chinoise, qui représente environ 17 % de la dette extérieure de l’Afrique, soit 134 milliards de dollars, reste un sujet crucial de discussion. En 2022, la Chine a annoncé l’annulation de 23 prêts sans intérêt pour 17 pays africains membres du FOCAC, même si la situation reste délicate pour des pays comme la Zambie, l’Angola, le Kenya, et l’Éthiopie, qui subissent un fardeau croissant.
En matière commerciale, Pékin s’était engagé lors du 8ᵉ sommet FOCAC en 2021 à Dakar à importer pour 300 milliards de dollars de marchandises africaines entre 2022 et 2024 et à améliorer la qualité des exportations africaines avec une enveloppe de 10 milliards de dollars. Toutefois, il manque encore à la coopération sino-africaine un mécanisme de suivi des engagements, qui pourrait garantir une plus grande transparence et responsabilisation.
Contrairement aux États-Unis, qui conditionnent leur initiative AGOA à des critères démocratiques et de droits de l’homme, la Chine adopte une approche plus inclusive, accueillant tous les dirigeants africains, qu’ils soient élus ou issus de transitions militaires, avec le même protocole. Ce pragmatisme diplomatique reflète la volonté de Pékin de renforcer sa présence sur le continent sans interférer dans ses affaires internes.
Le président chinois Xi Jinping prononcera un discours lors de la cérémonie d’ouverture, le 5 septembre, pour exposer la vision de la Chine pour l’Afrique à l’horizon 2035, une stratégie qui s’aligne en grande partie avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Cette vision met en avant une coopération renforcée dans les domaines économiques, de l’innovation technologique, et du développement durable, alors que le continent cherche à diversifier ses partenariats et à accroître son autonomie sur la scène mondiale.
Pour en savoir plus sur la vision 2035 de la Chine pour l’Afrique, vous pouvez consulter le lien suivant : Vision 2035 de la Chine.
