Au Togo, le procureur de la République a relaté, ce dimanche 25 août, les circonstances du « kidnapping » de Steve Amoussou à Lomé. Le cyber-activiste béninois, dont le procès est programmé le 7 octobre prochain à Cotonou, aurait été enlevé puis conduit dans son pays par 4 individus, tous des Béninois, activement recherchés par les autorités judiciaires togolaises.
Modus operandi
L‘affaire fait grand bruit de part et d’autre de la frontière entre les deux pays voisins. Au Togo, la justice en parle par le biais du procureur de la République.
« Le lundi 12 août 2024 aux environs de 21h, Monsieur Steve Amoussou, de nationalité béninoise, a été enlevé à Lomé au quartier Adidogomé et conduit vers une destination inconnue par des individus non identifiés. En effet, alors que le sus nommé établi au Togo depuis plusieurs années est sorti de l’immeuble où il habitait pour une course, il a été appréhendé non loin de là par 4 individus qui visiblement étaient en affût. De force, ces individus l’ont embarqué dans un véhicule d’immatriculation béninoise puis ont roulé en direction de la frontière togolaise du côté est », relate-t-il dans un communiqué lu sur la télévision nationale.
« Les autorités policières togolaises, ayant été avisées, ont aussitôt lancé des recherches qui n’ont pas permis de retrouver les ravisseurs et leur victime afin de comprendre les circonstances exactes de cet acte. Une enquête judiciaire conduite par le Service central de recherche et d’investigation criminelle a été ouverte », poursuit le procureur de la République togolaise.
Six personnes visées
Selon ce dernier, les premiers éléments recueillis de cette enquête font apparaître qu’il s’agit de « l’œuvre de 4 personnes de nationalité béninoise aidées par 2 autres personnes dont l’une de nationalité béninoise et l’autre de nationalité togolaise ».
« Ces faits commis sur le territoire violation flagrante du droit international et des règles en matière de coopération pénale internationale s’analysent en l’incrimination d’enlèvement ou séquestration au sens des articles 283 et 284 du nouveau code pédale », souligne le procureur. Qui annonce que les deux personnes ayant coopéré ont été arrêtés après l’ouverture d’une information judiciaire, présentés au parquet de grande instance de Lomé le 23 août puis placés sous mandat de dépôt.
Procès en attente
Pour leur part, il est requis un mandat d’arrêt contre les 4 Béninois, tous membres d’un club de gymnastique à Cotonou, ayant procédé au kidnapping du cyber-activiste qui critiquait les autorités béninoises tous les vendredis via des audios diffusés sur les réseaux sociaux.
Si, jusque-là, les autorités béninoises gardent le silence, les partis d’opposition ont tenu une conférence de presse commune à Cotonou, le 16, pour réclamer la libération de celui qu’ils qualifient d’un des leurs.
Selon nos informations, « Frère Hounvi » – comme se fait appeler l’activiste – sera jugé à Cotonou le 7 octobre prochain. Ce, après avoir déjà été auditionné en présence de ses avocats. Il est notamment poursuivi pour « provocation directe à la rébellion, initiation et publication de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux et harcèlement par voie électronique ».




