L’agence de notation internationale S&P a abaissé la note souveraine du Kenya de « B » à « B- », avec perspective stable. La décision fait suite au «rétropédalage» du président William Ruto d’abandonner le projet de loi de finances impopulaires qui a secoué le pays ces trois derniers mois.
Le rapport de l’agence publié vendredi 23 août, indique qu’une telle note place la dette publique dans la catégorie spéculative. Toutefois, S&P estime que le pays peut encore honorer ses engagements.
« La dégradation reflète notre opinion selon laquelle les perspectives budgétaires et de la dette à moyen terme du Kenya se détérioreront à la suite de la décision du gouvernement d’annuler toutes les mesures fiscales proposées dans le cadre du projet de loi de finances 2024/2025 », a déclaré S&P.
Pour l’’agence de notation, le retrait de la loi de finances pour 2024/2025, fin juin, «va ralentir la consolidation budgétaire du pays et risque d’entraîner une hausse de la dette à moyen terme». L’agence dit toutefois s’attendre à une forte croissance économique et à un accès continu à des financements extérieurs concessionnels pour compenser les défis posés par les coûts d’intérêt élevés, la lenteur de l’assainissement budgétaire et les déséquilibres structurels.
Celle nouvelle dégradation de la note du Kenya, fait suite à la décision de Moody’s d’abaisser la note souveraine du pays de « B3 » à « Caa1 », lundi 8 juillet, la faisant plonger plus profondément dans la catégorie spéculative.
Pour rappel, le président Ruto a écarté le projet de loi de finances du gouvernement pour l’année, qui contenait des hausses d’impôts d’une valeur de 346 milliards de shillings (2,69 milliards de dollars), à la suite des manifestations qui ont fait plusieurs morts.
Selon une récente déclaration du nouveau ministre des Finances, John Mbadi, le 18 août dernier, le Kenya prévoit de rétablir certaines taxes contenues dans le projet de loi de finances impopulaire, par le biais d’un projet de loi d’amendement fiscal, à travers 49 mesures fiscales pour tenter de lever environ 150 milliards de shillings (1,2 milliard de dollars).
