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Israël : le coût financier abyssal de la guerre contre Gaza

Plus de dix mois après la guerre déclenchée contre Gaza en riposte aux attaques du 7 octobre perpétrées par le mouvement Hamas, l’économie israélienne accuse le coup. La guerre a déjà coûté plus de 250 milliards de Shekels (67,3 milliards de dollars) selon les propos de Rakefet Russak-Aminoach, ancienne PDG de la banque israélienne Bank…

Cette photo publiée par les Forces de défense d'Israël, le 30 décembre 2023, montre un soldat israélien dans la bande de Gaza. © Forces de défense israéliennes via Reuters

Plus de dix mois après la guerre déclenchée contre Gaza en riposte aux attaques du 7 octobre perpétrées par le mouvement Hamas, l’économie israélienne accuse le coup. La guerre a déjà coûté plus de 250 milliards de Shekels (67,3 milliards de dollars) selon les propos de Rakefet Russak-Aminoach, ancienne PDG de la banque israélienne Bank Leumi, à la Channel 12 israélienne.  Autrefois exemple de solidité financière, Tel Aviv accusait un déficit de 8,1% en juillet dernier soit environ 41,8 milliards de dollars, ce alors que ce taux était quasiment nul au début de l’année 2023.

Au dernier trimestre 2023, l’économie israélienne a enregistré une chute de 21% alors que la dette a bondi, culminant à 70% du PIB. De quoi confirmer les projections les plus partagées sur un coût journalier de 269 millions de dollars de l’opération « Sabre de fer ». En février, l’agence Moody’s a abaissé la note de l’Etat et celle des cinq plus grandes banques commerciales d’Israel.  Standard & Poor’s et Fitch ont emboité le pas, mi-août 2024, ramenant la note souveraine d’Israel de « A + » à « A » avec une perspective négative tenant compte du prolongement du conflit jusqu’en 2025 et de son élargissement à d’autres fronts.

Sans grande surprise, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a minimisé cette décision. « La dégradation de la note à la suite de la guerre et les risques géopolitiques qu’elle crée sont naturels », a-t-il expliqué sur X, assurant que l’économie israélienne rebondirait à la suite des mesures budgétaires « responsables » qu’il prévoit de prendre. La contraction s’accompagne d’un repli des IDE. Les investissements dans les hautes technologies ont chuté de 20% en 2023. En vente avant octobre 2023 à l’Abu Dhabi National Oil Company et à British Petroleum, le producteur israélien de gaz naturel New Med Energy devrait chercher d’autres repreneurs après que ceux-ci aient décidé de surseoir.

En dépit de cette forte décélération, l’économie israélienne demeure solide, reposant au début de l’année 2024 sur des réserves de change estimées à 200 milliards de dollars. Un montant qui explique la résistance de la monnaie locale, le Shekel, assez stable au vu de la situation.

En outre, l’Etat Hébreu bénéficie du soutien du programme américain de financement militaire à l’étranger  à raison de 3, 3 milliards de dollars par an et représentant 15% de ses dépenses de défense.   Le soutien américain englobe également une ligne de crédit gratuite de 13,95 milliards d’euros en 2024. Autre dispositif peu connu, les obligations d’Etat émises dans les municipalités américaines en soutien à Israel à travers la Dévelopment Corporation for Israel (DCI), un courtier local du ministère israélien des finances. Ce mécanisme représente 15% de la dette extérieure israélienne. Sur le terrain, l’offensive a tué plus de 40 000 personnes, dont la plupart sont des femmes et des enfants, et en a blessé plus de 92 400 personnes, selon les autorités médicales palestiniennes

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