Cameroun : en 20 ans, la dette flottante de l’État s’établit à plus de 670 milliards de FCFA
Selon un communiqué rendu public le 16 août 2024 par le ministre camerounais des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, de 2000 à 2019, les dettes non structurées (dette flottante) des administrations centrales (ministères et autres administrations centrales assimilées), des établissements et entreprises publics ainsi qu’aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) s’élèvent à 671,7 milliards de FCFA.…
Selon un communiqué rendu public le 16 août 2024 par le ministre camerounais des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, de 2000 à 2019, les dettes non structurées (dette flottante) des administrations centrales (ministères et autres administrations centrales assimilées), des établissements et entreprises publics ainsi qu’aux collectivités territoriales décentralisées (CTD) s’élèvent à 671,7 milliards de FCFA. Ce montant a été validé au terme d’une opération de recensement et d’audit de la dette flottante de l’État et de ses démembrements prescrite par le gouvernement camerounais.
Dans le détail, et dans l’ordre, au cours de la période sous revue, la dette flottante des administrations publiques centrales sont estimées à 461,5 milliards de FCFA, soit 68,7% de l’encours global. 303,3 milliards de FCFA représentent la dette salariale de ces administrations.
Les ministères et autres administrations publiques centrales sont suivies par les 194,4 milliards de FCFA, soit 28,9% de la dette totale, dus par le groupe formé par les établissements et entreprises publics, ainsi que les organismes de missions de service public. Enfin, avec 15,8 milliards de FCFA, soit 2,3% de l’enveloppe globale, les CTD sont l’entité la moins endettée du pays en 20 ans. Contrairement au premier groupe, les deux derniers ne cumulent aucun arriéré de salaires au cours de la période sous revue.
De manière générale, 303,3 milliards de FCFA représentent les salaires impayés, 215,8 milliards de FCFA, la dette fiscalo-douanière à consolider après une réévaluation tout comme les 121,7 milliards de FCFA de dette commerciale. Cette dette globale est également constituée de dette locative (9,08 milliards de FCFA) et sociale (5,7 milliards de FCFA).
Le communiqué ministériel qui rend publique cette dette indique également son processus d’apurement. Ainsi, apprend-on, les indemnisations (410,4 millions de FCFA), et les dettes locatives et sociales seront prises en charges par le budget 2024. Pour ce qui est de la dette salariale, le gouvernement compte l’apurer en deux ans à compter de 2024, à l’exception de celles du secteur de l’éducation (éducation de base et enseignements secondaires) dont l’apurement est fixé à fin 2024. La dette commerciale, quant à elle, sera remboursée, de 2024 à 2026, à 70% par l’État et à 30% par les entités débitrices. Louis Paul Motaze indique également que l’État va accompagner les entités publiques débitrices en prenant en charge la totalité de la dette fiscale sur 7 ans à compter de 2024.
Le gouvernement camerounais voudrait entourer ce processus d’apurement de toute la transparence possible. Ainsi, renseigne le communiqué de Louis Paul Motaze, le Minfi se réserve le droit d’annuler toute créance validée si des éléments nouveaux prouvent la non redevabilité de son fondement. Bien plus, conclut le Minfi, le prétendu bénéficiaire [de cette dette] pourrait être poursuivi pour tentative de détournement de deniers publics.
Bernard Bangda est un journaliste camerounais, spécialisé dans l’investigation et passionné d’économie, des questions d’insécurité transfrontalière, de criminalité environnementale et de changement climatique. Il compte plus de 20 ans dans la pratique du journalisme. Il apporte fraîcheur et originalité grâce à des sujets inédits ! Journaliste web depuis 10 ans, il a rédigé plus de 500 articles pour plusieurs médias en ligne.
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