Après avoir reçu une délégation officielle du Burkina Faso le 9 août 2024 dans son palais à Lomé, c’est au tour des émissaires du gouvernement nigérien d’échanger avec le président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, deux jours plus tard. Officiellement, tous sont porteurs d’un message de leurs chefs d’Etat respectifs au « doyen » de la sous-région.
Samedi 10 août. Les services de la présidence togolaise annoncent que Faure Essozimna Gnassingbé s’est entretenu, la veille, avec une délégation du Burkina Faso, conduite par le ministre des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré. La délégation a transmis au chef de l’État un message de fraternité et de solidarité du président du Faso, Capitaine Ibrahim Traoré, renseigne la même source.
« Je voudrais encore une fois remercier le président de la République Togolaise, pour le privilège et l’hospitalité. Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré nous a mandatés de venir lui réaffirmer son message de fraternité et de solidarité ainsi que l’appréciation positive du leadership du président togolais sur les questions de la sous-région », a déclaré Karamoko Jean Marie Traoré qui n’a pas manqué de saluer « l’exemplarité des relations d’amitié et de coopération entre Lomé et Ouagadougou ».
Deux jours après, le chef de l’Etat togolais reçoit une délégation ministérielle du Niger conduite par le ministre de la Santé publique, de la Population et des Affaires sociales, le colonel-major Garba Hakimi. Ce dernier aussi est porteur d’un message du président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le général Abdourahamane Tiani, précisent les services de la présidence togolaise. « Un message de fraternité », a dit le chef de délégation. Qui a exprimé, à Faure Gnassingbé, la gratitude du peuple nigérien, pour son engagement en faveur de la paix et la stabilité dans la sous-région et en Afrique.
En début d’année, le Togolais avait reçu le ministre des Affaires étrangères du Mali, Abdoulaye Diop. Ce dernier avait, a-t-on appris de sources officielles, exprimé sa gratitude au chef de l’Etat pour ses efforts en vue d’une transition politique apaisée dans son pays et son engagement pour la consolidation de la paix et de la stabilité dans la région ouest africaine.
Un carré de partenaires
Dans l’opinion, beaucoup s’interrogent sur le bal des émissaires de l’Alliance des États du Sahel (AES) au Togo. Surtout que Lomé, au sein de la conférence des chefs d’Etat de la CEDEAO, a toujours plaidé la cause des 3 Etats aux moments des sanctions suite aux coups d’Etat. D’ailleurs, faut-il le rappeler, les autorités togolaises n’avaient pas suspendu leur coopération commerciale avec les 3 régimes militaires à l’époque.
A noter, par ailleurs, que l’aspect sécuritaire intéresse aussi les relations entre le Togo – qui a été la cible d’une attaque terroriste en juillet dernier – d’une part, et le Mali, le Burkina Faso et le Niger d’autre part. Entre mai et juin dernier, les 4 pays, en plus du Tchad, ont mené des exercices militaires conjoints à Tillia dans l’ouest du Niger, dans le but de renforcer les capacités opérationnelles et la résilience de leurs forces armées.

