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Affaire Glencore au Cameroun : une marche à Londres pour demander la publication des noms des cadres «corrompus»

Le 10 septembre 2024, alors que le Tribunal de Westminster (Londres) va se pencher sur l’affaire Glencore pour en déterminer les présumés auteurs de corruption, Akere Muna, l’un des anciens bâtonniers de l’Ordre des avocats du Cameroun (1997-2002), appelle « les Camerounais au Royaume-Uni à se joindre à moi pour organiser une marche pacifique, afin…

Le 10 septembre 2024, alors que le Tribunal de Westminster (Londres) va se pencher sur l’affaire Glencore pour en déterminer les présumés auteurs de corruption, Akere Muna, l’un des anciens bâtonniers de l’Ordre des avocats du Cameroun (1997-2002), appelle « les Camerounais au Royaume-Uni à se joindre à moi pour organiser une marche pacifique, afin de présenter une pétition au procureur général du Royaume-Uni, lui demandant de rendre publics les noms de ces Camerounais corrompus ».

L’information est contenue dans un message publié sur son compte X (ancien Twitter) le 3 août 2024. La sortie de l’avocat et homme politique camerounais intervient au lendemain du communiqué de l’administrateur directeur général (ADG) de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Adolphe Moudiki, annonçant la comparution « des dirigeants et employés de la société Glencore, auteurs (présumés, ndlr) des actes de corruption commis au détriment de la SNH, [qui] ont été identifiées » devant la justice britannique.

Le flou qui entoure l’identité de ces personnes ne plaît visiblement pas au presque candidat à la présidentielle camerounaise de 2018 (il avait retiré sa candidature la veille du vote au profit de Maurice Kamto, ndlr). Malgré la saisine, le 6 novembre 2023, du Tribunal criminel spécial (TCS) par la SNH, Akere Muna doute de la capacité de cette juridiction d’exception créée en 2011 à faire toute la lumière sur une affaire aux ramifications internationales et dont le Cameroun ne constitue qu’une étape de la galaxie.

Environ 7 milliards de FCFA de pots-de-vin au Cameroun

L’on se souvient en effet que, le 3 novembre 2022, la justice britannique condamnait le trader anglo-suisse à une amende de 162,73 milliards de FCFA après qu’il a plaidé coupable pour des actes de corruption afin d’obtenir des contrats pétroliers dans cinq pays africains (Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée équatoriale, Nigeria et Soudan du Sud). En effet, en mai 2022, Glencore a avoué avoir effectué environ 50 milliards de FCFA de paiements à des sociétés intermédiaires, afin d’obtenir des avantages indus et conserver des contrats avec des entités publiques et contrôlées par l’État dans ces pays.

Au Cameroun, si l’on s’en tient aux déclarations d’un des avocats de Glencore faites le 24 mai 2022, certains responsables de la SNH et de la Société nationale de raffinage (Sonara) avaient encaissé environ 7 milliards de FCFA de pots-de-vin. Contre des faveurs dans les opérations de cette multinationale anglo-suisse au Cameroun.

En réaction à ces déclarations, le 30 mai 2022, Adolphe Moudiki informait l’opinion publique nationale et internationale que « la SNH n’est ni de loin ni de près, associée à de telles pratiques, strictement interdites par son Règlement intérieur ». Sauf que l’ADG de la compagnie pétrolière publique camerounaise annonçait la saisine des autorités américaines et anglaises dont il comptait sur la collaboration pour faire toute la lumière sur cette affaire. Sur place au Cameroun, il avait sollicité et obtenu du chef de l’Etat, entre 2023 et 2024, l’ouverture d’une enquête sur l’éventuelle implication des cadres de la SNH dans ce scandale de corruption. C’est sa sortie épistolaire du 2 août 2024 qui semble avoir relancé la diatribe entre l’ancien vice-président mondial de Transparency International, une organisation non gouvernementale (ONG) internationale dédiée à la lutte contre la corruption, Akere Muna, et les autorités camerounaises, notamment l’ADG de la SNH, dont il dénonce « l’absurdité » du récent communiqué.

Pour rappel, dans sa cabale contre la SNH, l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun exige des explications sur la vente par cette entreprise « de notre pétrole brut avec une remise de 30 % en dessous du prix du marché ». Il dénonce par ailleurs le fait que « notre pétrole brut a été vendu à Vitol (un trader accusé de corruption en Amérique latine) avec une remise de 70% ».

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