Un cessez-le-feu. C’est l’expression utilisée par les autorités angolaises, mardi 30 juillet, au terme de discussions à Luanda, pour qualifier un accord entre Kinshasa et Kigali dans le cadre du conflit qui oppose l’armée congolaise et la rébellion du M23 dans le Nord Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, région frontalière avec le Rwanda.
« La deuxième réunion ministérielle entre la République démocratique du Congo et la République du Rwanda, tenue ici à Luanda sous la médiation de la République d’Angola, a abouti à l’établissement d’un cessez-le-feu qui prendra effet à minuit le 4 août 2024 », a en effet déclaré la présidence angolaise.
Selon le ministre des Affaires étrangères de l’Angola, Téte António, cet accord « sera contrôlé par un mécanisme de vérification ad hoc renforcé », supervisé par son pays.
En rappel, Kigali a toujours été accusée par Kinshasa de soutenir les groupes rebelles dans la partie Est de la RDC. Des accusations intensifiées par plusieurs rapports d’organismes internationaux que le gouvernement rwandais a toujours réfutées, qualifiant la crise dans cette région d’un conflit interne à la RDC. Riche en minerais, l’est de la RDC est le théâtre depuis 30 ans de violences de groupes armés, locaux ou étrangers, issus majoritairement des guerres régionales des années 1990.
A noter qu’avant le début des négociations dans le cadre ministériel à Luanda, Thérèse Kayikwamba, ministre des Affaires étrangères de la RDC et son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe, ont été reçus au Palais présidentiel par le président João Lourenço, médiateur de la crise entre les deux pays. Selon nos sources, l’Angola, qui a le soutien discret de Washington, ne menagerait aucun effort pour organiser un tête-à-tête entre les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Paul Kagame (Rwanda) après le sommet des 3 chefs d’Etat tenu en juillet 2022.
Une telle rencontre est à l’étude depuis le début de l’année mais ne s’est pas encore concrétisée. Le président Lourenço avait exprimé sa « très vive préoccupation » concernant la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu.
En attendant d’en savoir un peu plus, nos sources nous indiquent que la médiation angolaise met les bouchés doubles pour lever dans un premier temps les préalables afin de parvenir à renouer le fil du dialogue entre les deux principaux dirigeants.

