La Banque mondiale va injecter environ 277 milliards de FCFA au Tchad pour la réalisation du programme d’accélération de l’électrification sur 10 ans de ce pays d’Afrique centrale. C’est dans ce contexte que le gouvernement a procédé au lancement de ce programme le 16 juillet 2024 qui va porter le taux d’accès à l’électricité des Tchadiens de 6,5% actuellement, selon la Banque mondiale, à 53% en 2034.
Le 13 juin 2024, lors de son discours de politique générale devant le Parlement de Transition à Ndjamena, le Premier ministre, Allamaye Halina, indiquait les contours de ce programme. “Nous prévoyons la construction de centrales solaires à N’Djamena et dans les provinces, la réhabilitation des réseaux électriques de Ndjamena et des 12 chefs-lieux de provinces, l’électrification de deux cents localités, la distribution subventionnée de deux millions de kits solaires, et aussi la perspective de l’électrification de 850 centres de Santé et sept-cents écoles”, indiquait le Premier ministre nouvellement promu devant les parlementaires. Pour qui, ce programme d’électrification va permettre au pays de “combler l’énorme déficit énergétique qui compromet l’implémentation de notre Plan directeur d’industrialisation élaboré en 2020, dont l’un des objectifs phares est l’atteinte d’un taux de croissance de 8% par le Tchad, à l’horizon 2030”.
Pour rappel, ce n’est pas la première fois que le Tchad s’engage à développer son secteur énergétique. En effet, l’on se souvient du plan d’urgence d’accès à l’électricité 2021-2023 qui devait porter le taux d’électrification national à 38%. Toutes ces stratégies visent à sortir le pays de son statut de pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique (CEMAC) ayant le plus faible taux d’accès à l’électricité. Outre les programmes nationaux de développement du secteur de l’électricité, dans le cadre du projet d’interconnexion des réseaux électrique en zone CEMAC, le Tchad va importer du Cameroun 100 Mégawatts (MW) d’électricité à l’horizon 2027. Cette opération ne sera possible qu’à la fin de la construction du barrage hydroélectrique de Nachtigal d’une capacité de production de 420 MW.
