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Moody’s fait baisser la note du Kenya de « B3 » à « Caa1”

Le pasteur est-il celui qui conduit son troupeau vers la source d’eau douce ou celui qui veut forcément plaire à celui-ci ? Le président du Kenya, William Ruto, semble avoir oublié cette sagesse élémentaire en cédant aux pressions populaires, avec des conséquences désastreuses pour l’économie du pays. Autrefois modèle économique, le Kenya a vu sa…

Le pasteur est-il celui qui conduit son troupeau vers la source d’eau douce ou celui qui veut forcément plaire à celui-ci ? Le président du Kenya, William Ruto, semble avoir oublié cette sagesse élémentaire en cédant aux pressions populaires, avec des conséquences désastreuses pour l’économie du pays.

Autrefois modèle économique, le Kenya a vu sa note fortement dégradée par Moody’s. Les réformes, certes peu populaires, étaient nécessaires pour maintenir la confiance et la stabilité économique. Pourtant, en les retirant sous la pression des manifestations de masse, Ruto a montré une faiblesse de leadership qui a plongé Nairobi dans une crise encore plus profonde.

La reculade a un coût. Moody’s a abaissé la note souveraine du Kenya, lundi 8 juillet, la faisant plonger plus profondément dans la catégorie spéculative. Cette dégradation, de « B3 » à « Caa1 », est le résultat direct d’une capacité réduite à mettre en œuvre une stratégie de consolidation budgétaire efficace. La décision de Ruto de retirer les hausses d’impôts prévues en juin, en réponse à des manifestations ayant causé la mort d’au moins 24 personnes, a eu un coût élevé.

Le projet de loi financier supprimé contenait des mesures cruciales pour aider le gouvernement à lever 2,7 milliards de dollars de taxes supplémentaires, nécessaires pour réduire le déficit budgétaire et l’endettement de l’État. Pour compenser cette perte, l’administration Ruto a proposé des réductions de dépenses, mais Moody’s reste sceptique quant à leur efficacité. L’agence de notation estime que ces réductions ralentiront la réduction du déficit budgétaire, laissant la capacité de remboursement de la dette du Kenya affaiblie pour une période prolongée.

Dans un contexte de tensions sociales accrues, Moody’s ne prévoit pas que le gouvernement puisse introduire des mesures significatives d’augmentation des revenus dans un avenir proche. La perspective « négative » maintenue par l’agence pour le Kenya souligne que les déficits budgétaires plus importants augmenteront les besoins d’emprunt et, par conséquent, les risques de liquidité pour le gouvernement.

Le rôle d’un leader n’est pas de suivre aveuglément les désirs populaires, mais de guider son peuple vers des solutions durables et bénéfiques, même si elles sont impopulaires à court terme. Le président Ruto ferait bien de se rappeler que la véritable leadership consiste à prendre des décisions difficiles pour le bien à long terme de la nation, plutôt que de céder aux pressions immédiates de la foule.

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