Une déclaration attendue au sommet de la CEDEAO à Abuja
Sous la présidence de Bola Tinubu, le Nigeria semble désormais soutenir l’Eco, la monnaie commune de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce revirement pèsera dans les discussions lors du sommet de la CEDEAO de ce dimanche, éclipsant la création de la « Confédération des États du Sahel » par les régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
Selon un expert impliqué dans la préparation du sommet, la résolution de ce dernier sujet attendra la restauration des institutions démocratiques dans ces pays.
La question de la monnaie commune, cependant, est jugée plus pressante. En proie à l’inflation, le Nigeria pousse désormais pour l’adoption de l’Eco. Cette volonté a été réaffirmée par Wale Edun, ministre des Finances du Nigeria, lors d’une réunion virtuelle avec ses pairs dont ceux Ghana et du Cap-Vert, vendredi 5 juillet, où il a exprimé l’engagement ferme de son pays en faveur de l’Eco.
Lors de cette réunion préparatoire, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des 15 États membres de la CEDEAO ont dévoilé des plans pour lancer l’Eco. Dans un communiqué, Wale Edun a souligné l’importance cruciale de l’Eco pour la promotion de la « croissance économique et du développement dans la région », réaffirmant l’engagement indéfectible du Nigeria à son succès.
« La vision de l’Eco dépasse la simple monnaie. Elle aspire à devenir une pierre angulaire de l’intégration économique, facilitant le commerce et renforçant la stabilité monétaire dans toute la région », a déclaré le groupe. En soutenant l’initiative de la monnaie unique, le Nigeria, représentant 70 % du PIB de la CEDEAO, apporte un soutien de poids à ce projet, qui pourrait propulser la croissance économique et le développement de l’Afrique de l’Ouest.
Seul hic, cette annonce intervient alors que le taux de convergence parmi les États membres de la CEDEAO est tombé à 29,2 % en 2023, bien en dessous de l’objectif nécessaire pour l’adoption de la monnaie unique. Néanmoins, la déclaration d’Edun donne un nouvel élan au projet, avec des discussions axées sur les arrangements pratiques pour l’introduction de l’Eco, suggérant une avancée concrète.
Reste à voir comment les institutions démocratiques pourront être restaurées dans les trois pays de l’AES pour permettre à leurs peuples de décider de leur avenir au sein de la CEDEAO.




