Par Bakary Gueye, Nouakchott.
L’élection présidentielle en Mauritanie s’est déroulée samedi 29 juin dans le calme. Environ 1 939 342 électeurs dont 53% de femmes étaient appelés à voter. Les 7 candidats en lice ont tous voté à Nouakchott, la capitale du pays. A commencer par le président sortant Mohamed Cheikh Ould Ghazouani, 67 ans, candidat du parti Insaf au pouvoir. Cet ancien général à la retraite faisait face à 6 challengers dont Biram Dah Abeid, président du mouvement abolitionniste IRA considéré comme le principal obstacle à la réélection du président sortant. Egalement en lice, l’économiste Mohamed Lemine El Murtaja El Wafi, 47 ans, et déjà candidat lors des précédentes élections (2019) où il avait obtenu 1% des votes. Pour sa part, le parti islamiste modéré dénommé Rassemblement national pour la réforme et le développement (Tawassoul) était représenté à ces présidentielles, une première fois depuis quinze ans, par le député Hamadi Ould Sidi Mokhtar, un faqih, spécialiste de la jurisprudence islamique. Peu connu avant ce scrutin, le professeur Otouma Antoine Slimane Soumaré, candidat de l’Avant-garde des forces de changement démocratique (AFCD), se présentait pour la première fois. Il en est de même de Ba Mamadou Bocar, 70 ans, professeur de Mathématiques, candidat du parti Alliance pour la Justice et la Démocratie (AJD/MR). Egalement en lice, l’avocat El Id Mohameden M’barek, 45 ans, candidat du parti Front républicain pour l’unité et la démocratie (FRUD).
Premières tendances
Près de 24 heures après le scrutin, la Commission Nationale Electorale Indépendante (CENI) a commencé à rendre public les résultats provisoires. Le taux de participation est estimé à 50% et sur un dépouillement portant sur 55,72% des voix exprimées, Mohamed Cheikh Ould Ghazouani arrive en tête avec 55,10% suivi de Birame Dah Abeid avec 22,8%. Selon la CENI, aucune irrégularité n’a été signalée mais certains candidats soutiennent le contraire.
C’est ainsi que Otuma Somaré a déclaré que sa direction de campagne a reçu des informations selon lesquelles certains électeurs du Guidimaka (région du Sud du pays) ont été menacés pour les forcer à voter pour certains candidats. Biram Dah Abeid a lui aussi affirmé qu’il avait enregistré plusieurs violations dans le processus de vote, qualifiant les actions de la Commission électorale indépendante (CEI) de « provocatrices». M. Ould Lemrabet, son directeur de campagne, a confirmé que leurs représentants ont été retirés des bureaux de vote dans plusieurs zones dans les wilayas du Trarza, de l’Assaba, du Hodh El Gharbi et de l’Adrar.
Pour sa part, la campagne du candidat islamiste Hamadi Ould Sid El Mokhtar a déclaré qu’il y a eu un certain nombre de violations dans différentes wilayas du pays, notant que des personnes influentes sont derrière les violations qui ont été détectées. Et le candidat de souligner que : « les irrégularités constatées mettent en péril l’intégrité des élections ».
A noter que l’élection présidentielle actuelle n’a pas fait l’objet d’une surveillance internationale accrue comme les précédentes, avec 27 observateurs de l’Union Africaine arrivés en Mauritanie à la veille du scrutin. Cette mission est conduite par SEM. Domitien NDAYIZEYE, ancien Président de la République du Burundi et Membre du Panel des Sage de l’UA. il y a aussi trois observateurs de l’Union européenne ainsi qu’une équipe restreinte déployée par l’ambassade des Etats Unis en Mauritanie.




