La Banque mondiale a présenté, ce vendredi 28 juin, son dernier rapport sur la situation économique de la Côte d’Ivoire intitulé :« Vers une économie durable : stratégies de financement pour la Côte d’Ivoire face au changement climatique ». Ce document de 61 pages rédigé par explique Hermann Yohou Djédjé, membre du département Macroéconomie, Commerce et Investissement de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire, a été commenté en présence de quelques membres du gouvernement et de la directrice de la Banque mondiale pour le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et la Guinée, Marie-Chantal Uwanyiligira.
L’étude explique que l’activité économique est restée robuste en 2023, malgré la persistance des tensions politiques mondiales et sous-régionales et du resserrement des conditions financières. Le taux d’inflation a baissé de 5,2 % en 2022 à 4,4 % en 2023. Cette accélération, au niveau de l’énergie, a été partiellement compensée par la baisse de l’inflation au niveau des denrées alimentaires. « Les perspectives à moyen terme restent favorables, soutenues par le Plan national de développement (PND) et la stabilité macroéconomique, ainsi que par les découvertes de ressources naturelles importantes, notamment le pétrole, le gaz et l’or », explique Hermann Yohou Djédjé.
Selon la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire, à l’instar d’autres pays, devra multiplier ses interventions dans le domaine climatique, car des risques subsistent et pourraient sérieusement compromettre les progrès économiques si des mesures d’adaptation ne sont pas prises. Le gouvernement, selon l’institution, doit relever ces défis pour atteindre son objectif de réduction de la pauvreté à 20 % d’ici 2030. Il doit encore améliorer ses mécanismes pour faire face efficacement aux chocs climatiques, notamment au niveau institutionnel et dans le financement de la transition climatique. Le rapport note, cependant, que le pays reste fermement engagé dans l’agenda climatique, avec des ambitions élevées contenues dans sa Contribution Déterminée au niveau National (CDN).
Protection du cacao contre les risques climatiques
« Malgré les défis, la Côte d’Ivoire est bien placée pour passer à une économie à faible émission de carbone et se positionner en champion de la transition verte. Le pays doit poursuivre sa politique de taxe et de crédit carbones, mais aussi amener le secteur privé à investir dans les initiatives vertes », souligne Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice des Opérations de la Banque mondiale pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée, et le Togo. Avant d’ajouter : « la Banque mondiale s’engage à soutenir les efforts nécessaires visant à renforcer la résilience et l’adaptation au changement climatique et maintenir une croissance forte et inclusive au profit de tous les habitants de la Côte d’Ivoire ».
La Banque mondiale soutient que ce rapport fait suite à un récent rapport sur le climat et le développement dans le pays (CCDR). Selon lequel la matière première de base de la Côte d’Ivoire, cacao, risque de« s’essoufler», si des mesures urgentes pour remédier au changement climatique ne sont pas prises. Le CCDR a estimé le coût de l’action climatique à 22 milliards de dollars, soit un coût moyen annuel d’environ 2 % du PIB.
Selon Hermann Yohou Djédjé, la pauvreté a reculé, mais le pays a la possibilité d’aller encore plus loin. Les perspectives sont favorables, dit-il. La directrice pays a pour sa part reconnu que le gouvernement ivoirien est le premier au monde à travailler déjà sur CCDR. « La dette du pays est modérée et pour le prochain programme avec notre hôte, nous allons injecter 50% de nos interventions à l’intérieur du pays. Je note que le pays a un capital humain, mais il fait face à des risques sécuritaires », a dit Marie-Chantal Uwanyiligira.
La Côte d’Ivoire compte rehausser les CDN
A sa suite, le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a exprimé des points de convergences dans ce document, mais a souhaité une harmonisation du taux de croissance. De plus, concernant la dette, le ministre soutient qu’elle est bien gérée et bien maîtrisée. A l’en croire, les CDN, estimées à 8 milliards de FCFA seront rehaussés tout comme le mix énergétique. Poursuivant, il a relevé que dans le cadre de l’accord de paiement des réductions d’émissions (ERPA) conclu avec le Fonds de partenariat pour le carbone forestier (FCPF) de la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire a réussi à réduire de 7 millions de tonnes ses émissions de carbone, ce qui lui a valu la réception de 35 millions de dollars de la Banque mondiale. L’objectif est d’atteindre 10 millions de tonnes de réduction des émissions pour une valeur totale de 50 millions de dollars.
Il a annoncé la tenue d’une table ronde co-présidée par la Banque mondiale et le FMI. Cette initiative permettra de mobiliser des ressources additionnelles pour compléter les ressources du « fonds de résiliences et de durabilité ».
