Lundi 2 novembre 2026

Accès Premium FR · EN

Finance africaine — depuis 2013

Maroc : la banque centrale réduit son taux directeur à 2,75%

(1 dollar = 9,94 dirhams marocains). Bank Al Maghrib a réduit son taux directeur de 25 points de base le raménant à 2,75%, mettant fin à un statu quo en vigueur depuis quatre trimestres. Cette mesure prise par le comité de politique monétaire marque la fin de la phase de resserrement monétaire. L’inflation est désormais…

(1 dollar = 9,94 dirhams marocains). Bank Al Maghrib a réduit son taux directeur de 25 points de base le raménant à 2,75%, mettant fin à un statu quo en vigueur depuis quatre trimestres. Cette mesure prise par le comité de politique monétaire marque la fin de la phase de resserrement monétaire. L’inflation est désormais ramenée sous le seuil cible de moins de 3%. Place aux politiques devant stimuler l’activité économique et, donc, à la baisse du taux directeur. Présentant cette mesure à la presse, le 25 juin 2024, Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, a expliqué que l’inflation domestique est passée de 6,2% en 2022 à un taux projeté de 1,5% à la fin de l’année en cours et 2,7% en 2025. Quant à la croissance économique du royaume, elle est passée de 1,5% en 2022 ; 3,4% en 2023 pour retomber, selon les prévisions, à 2,8% en 2024. Vu de ce côté, la réduction du taux directeur s’explique par une volonté des autorités monétaires de stimuler l’économie en facilitant les conditions de financement des agents économiques. Reste à retrouver le lien entre taux directeur et taux débiteurs des banques. Ceux-ci sont restés quasiment stables sur le deuxième trimestre.

Avec une hausse cumulée de 116 points de base entre le début du resserrement monétaire en septembre 2022 et le premier trimestre 2024, la hausse des taux a davantage touché les entreprises que les particuliers, et a été moins importante pour les PME que pour les grandes entreprises, précise Bank Al Maghrib.

Des indicateurs du commerce extérieur

Sur les comptes extérieurs, après une quasi-stagnation en 2023, les exportations de biens devraient s’améliorer de 4,4 % en 2024 et de 8,9 % en 2025, tirées principalement par les ventes du secteur automobile et des phosphates et leurs dérivés, qui devraient atteindre 185,1 milliards de dirhams en 2025. Après une baisse de 2,9 % en 2023, les importations devraient augmenter de 6,1 % puis de 9,7 %, en raison notamment d’une hausse des achats de biens d’équipement et de consommation. Quant à la facture énergétique, elle devrait diminuer cette année et augmenter de près de 5 pour cent en 2025 pour atteindre 125,1 milliards de Dh. Les recettes de voyage devraient continuer à croître à un rythme annuel de 5,8 % pour atteindre 117,2 milliards de dirhams en 2025. De même, les données disponibles indiquent une poursuite de la tendance à la hausse des transferts des Marocains résidant à l’étranger, avec des améliorations de 1,9 % cette année et de 5,3 % en 2025 pour atteindre 123,7 milliards de dirhams. Dans ces conditions marquées par une réduction ponctuelle à 0,6 % du PIB en 2023, le déficit du compte courant se situerait autour de 1,7 % du PIB en 2024 et 2,7 % en 2025. Par ailleurs, les flux d’investissements directs étrangers (IDE), après un niveau relativement faible en 2023 à 2,4 % du PIB, devraient augmenter à près de 3,1 % du PIB en 2024 et 2025.

Compte tenu des projections de financement extérieur du Trésor, les avoirs de réserve officiels devraient continuer à se renforcer, atteignant 382 milliards de Dh à la fin de 2024 et 395,6 milliards de Dh à la fin de 2025, soit une couverture d’environ 5,5 mois d’importations de biens et services.

Avec l’ouverture de crédits supplémentaires dans le budget général de 14 milliards de dirhams et des projections macroéconomiques actualisées, Bank Al-Maghrib s’attend à ce que le déficit budgétaire reste stable à 4,4 % du PIB cette année et se réduise à 4,1 % en 2025. 

Financial Afrik Premium