Le 20 juin 2024, le chef de l’État camerounais, Paul Biya, a procédé par ordonnance à une augmentation de 533 milliards de FCFA du budget 2024. Qui passe ainsi de 6.679,5 milliards de FCFA à 7.212,5 milliards de FCFA. Soit une hausse de 8% par rapport à celui adopté par les parlementaires (députés et sénateurs) au terme de la session de novembre 2023. Cette fois-ci encore, réunis en session ordinaire de juin 2024, ils sont appelés à valider l’augmentation budgétaire que propose le chef de l’État.
Le texte présidentiel ne manque pas d’arguments sur la manière dont le Cameroun va financer ce collectif budgétaire. Ainsi, l’on apprend que le gouvernement camerounais va accélérer son endettement en augmentant son volume d’« emprunts et autres financements » de 488 milliards de FCFA. Soit 91,5% de la proportion de l’augmentation du budget général proposé par le gouvernement.
A l’analyse, le document soumis aux parlementaires prévoit que l’enveloppe dédiée aux emprunts et autres financements devrait passer de 1.489,4 milliards à 1.977,4 milliards de FCFA. Avec la particularité que l’essentiel de ces fonds proviendront des financements extérieurs. Ils seront uniquement constitués de dettes contractées auprès des bailleurs de fonds internationaux et des partenaires bilatéraux.
L’on note en effet que, tandis que Paul Biya instruit une réduction de 95 milliards de FCFA sur les titres publics émis sur le marché domestique, le gouvernement projette des « emprunts programmes » supplémentaires de 240 milliards de FCFA auprès des bailleurs de fonds multilatéraux. Si les parlementaires valident l’ordonnance présidentielle du 20 juin 2024, le volume de ce type d’emprunts devrait passer des 125,9 milliards de FCFA initiaux à désormais 365,9 milliards de FCFA.
Une autre analyse du texte du président de la République du Cameroun révèle le pays va se lancer dans la recherche de 467 milliards de FCFA auprès de ces partenaires financiers. Ces « autres emprunts initiaux auprès d’organismes privés extérieurs » n’étaient pourtant pas prévus avant ce collectif budgétaire. Pour ce qui est des « emprunts projets multilatéraux », des « emprunts projets auprès des gouvernements affiliés au Club de Paris », des « emprunts projets auprès des gouvernements non affiliés au Club de Paris » et des « emprunts projets auprès des organismes privés extérieurs », Paul Biya préconise qu’ils soient respectivement réduits de 48,8 milliards, 1,4 milliard, 42,9 milliards et 30,7 milliards de FCFA.
L’ordonnance du chef de l’État camerounais ne s’arrête pas au financement de l’augmentation programmée par des emprunts. Qui, au final, ne pourront pas permettre de capter les.fonds attendus. C’est pourquoi elle propose au gouvernement de proposer à une légère augmentation des recettes internes. Plus précisément, les recettes globales devraient s’améliorer de 45 milliards de FCFA, passant de 5 190,1 milliards de FCFA à 5 235,1 milliards de FCFA. Cette augmentation est due à une projection d’augmentation des recettes fiscales de 35 milliards de FCFA par rapport au budget initial. Concrètement, ces recettes devraient finalement atteindre 4.203 milliards de FCFA, contre 4.168,1 milliards de FCFA en novembre 2023.
Le gouvernement compte sur une prévision d’augmentation des « impôts sur le commerce extérieur et les transactions internationales » de 14 milliards de FCFA par rapport à l’enveloppe initiale de 5.15,3 milliards de FCFA. Mais aussi sur une augmentation de 13,7 milliards de FCFA des « autres recettes fiscales ».
