Lors de la deuxième opération d’injection de liquidité dans les caisses des établissements de crédit de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) le 18 juin 2024, la demande exprimée par les banques a atteint 292 milliards de FCFA. Ce qui représente plus de 449% des 65 milliards de FCFA proposés par la banque centrale.
A l’analyse, cette forte demande de liquidités traduit un besoin de plus en plus croissant par les banques de la CEMAC. Ce, après une première opération d’injection de liquidité qui s’est soldée, le 11 juin 2024, par un taux de souscription de 45%. Après ce qui était considéré comme une phase d’observation, et dans un contexte où les banques ont pris conscience de ce que cette première opération de la BEAC n’était pas ponctuelle, les établissements de crédit de la CEMAC entendent désormais mettre à profit ces offres de liquidité pour renflouer leurs caisses. Surtout qu’ils avaient été sevrés de fonds après que l’institut d’émission commun aux six pays de la CEMAC (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad) a durci sa politique monétaire.
En février 2023, la BEAC avait ainsi procédé à la suspension des injections de liquidité dans les caisses des banques commerciales de la sous-région communautaire après avoir relevé les taux d’intérêt directeurs depuis fin 2021. Déjà sevrées des instruments de refinancement auprès de la banque centrale, les banques de la CEMAC subissaient régulièrement des ponctions dans leurs caisses, via une intensification des opérations de reprise de liquidité et les émissions des bons par la BEAC.
Pour rappel, à travers cette politique monétaire restrictive la BEAC voulait assécher les banques dans le but de restreindre l’accès aux financements par les États, les particuliers et les opérateurs économiques. In fine, elle disait lutter contre les 20% d’inflation d’origine monétaire en zone CEMAC. Sur ces entrefaites, le 11 juin 2024, elle lâchait du lest en lançant la première opération d’injection de liquidité dans le circuit bancaire alors que l’on observait pas un recul du taux d’inflation d’origine monétaire que la banque centrale s’était engagé à réduire.
