Après une visite, le 3 juin 2024, du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à Conakry, point de départ de la 6e tournée africaine de sa carrière à ce poste, le président français Emmanuel Macron invite le chef de la junte guinéenne, le général Mamady Doumbouya. Le contexte est marqué, entre autres, par une montée de l’influence russe sur le continent africain où Paris, qui semble perdre du terrain, tente de résister pour garder, dans son giron dirigé par les putschistes, le Gabon et la Guinée.
En effet, selon nos sources, sous les bons offices de Paul Kagamé considéré comme parrain du président de la transition guinéenne, Paris a activé sa diplomatie parallèle pour enfin décider d’inviter à l’Élysée le putschiste Mamadi Doumbouya, peu après le passage de son homologue Brice Oligui-Nguema. Ainsi, le tombeur d’Alpha Condé est officiellement invité par le président français Emmanuel Macron à effectuer une visite officielle à Paris.
Dans les détails, c’est l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la France auprès de la République de Guinée, Marc Fonbaustier, qui a lui-même transmis la lettre d’invitation officielle signée du patron de l’Elysée, dans la matinée du vendredi 7 juin au ministre de la Jeunesse et des Sports, Keamou Bogola Haba, en lieu et place du ministre des Affaires étrangères semble-t-il empêché.
C’est un tournant dans la politique africaine d’Emmanuel Macron qui s’est désormais résigné à faire fi des valeurs de légitimité et de démocratie pour dérouler le tapis rouge aux putschistes qui ont encore un pied dans la France-Afrique et l’autre dans le camp des souverainistes panafricains. A l’instar de Mamady Doumbouya – l’ancien légionnaire mariée à une française et qui a servi sous le drapeau français – qui demeure une énigme.




