La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a démarré, ce mardi 4 juin, la deuxième session ordinaire de son Comité de politique monétaire (CPM) au titre de l’année 2024, à son siège à Dakar. À l’ordre du jour, l’instance va examiner le rapport sur la politique monétaire, notamment l’évolution récente de l’environnement international et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), ainsi que les perspectives économiques et financières de l’Union.
Abordant l’activité économique au plan mondial, Jean-Claude Kassi Brou, gouverneur de la banque centrale, a relevé que le dynamisme s’est poursuivi au premier trimestre de l’année 2024, après une année 2023 plus résiliente que prévue. Avec une croissance mondiale prévue à 3,2% en 2024, l’inflation, quant à elle, demeure encore élevée, malgré une orientation à la baisse.
« Au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, l’activité économique demeure dynamique au premier trimestre 2024, avec une croissance estimée à 5,1 %. La bonne tenue de l’activité dans l’ensemble des secteurs laisse augurer pour l’année 2024 une croissance robuste, projetée à plus de 6% après 5,3% en 2023. L’inflation s’est située à 2,8% au premier trimestre de l’année 2024, se maintenant dans la fourchette cible de 1 à 3%. L’inflation sous-jacente a pour sa part baissé pour se situer à 2% », a souligné Jean-Claude Kassi Brou.
Poursuivant avec les chiffres, le gouverneur a fait savoir qu’au niveau des comptes extérieurs, la situation s’est améliorée. Notamment grâce à la baisse des coûts des produits énergétiques importés, la hausse des prix des principales matières premières exportées, à savoir l’or, le cacao, le coton et le caoutchouc. Les comptes extérieurs ont été renforcés grâce aussi à la mobilisation importante de ressources extérieures réalisée par certains Etats au premier trimestre de l’année 2024.
« En outre, le financement de l’activité économique est, pour sa part, convenablement assuré par les banques. A fin mars 2024, les crédits à l’économie ont continué à augmenter au rythme de 5,1 %, les crédits direct accordés par les banques aux entreprises se sont accrus de plus de 7% », a-t-il ajouté.
Au vue de toutes ces évolutions, le comité de politique monétaire va passer en examen le rapport sur la politique monétaire au sein de l’Union, élaboré par les services de la Banque centrale. L’instance examinera également les risques qui entourent cette évolution, et formulera des propositions de mesures de politique monétaire.
A noter que la plupart des banques centrales ont maintenu leur le taux directeur inchangé, avec des anticipations à la baisse au cours du deuxième semestre de l’année 2024.




