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Le FMI conclut les consultations de 2024 avec le Gabon

Le Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International (FMI) a achevé les consultations au titre de l’Article IV avec le Gabon, marquant une évaluation cruciale de la santé économique du pays et de ses perspectives futures. Malgré une série de défis récents, notamment des perturbations logistiques, des incertitudes politiques et des prix élevés du carburant en…

Brice Clotaire Oligui Nguema, président de la transition gabonaise, et certains de ses ministres ici en octobre 2023.

Le Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International (FMI) a achevé les consultations au titre de l’Article IV avec le Gabon, marquant une évaluation cruciale de la santé économique du pays et de ses perspectives futures.

Malgré une série de défis récents, notamment des perturbations logistiques, des incertitudes politiques et des prix élevés du carburant en 2023, l’économie gabonaise montre des signes de reprise. Selon le FMI, la croissance potentielle devrait atteindre environ 3 % en 2024, favorisée par la dissipation des chocs précédents. L’inflation a également diminué, se maintenant en dessous du plafond régional de 3 % fixé par la BEAC, et devrait rester stable en l’absence de nouveaux chocs. La position extérieure du Gabon a été renforcée par les prix élevés du pétrole ces dernières années.

Cependant, le pays fait face à des déséquilibres budgétaires préoccupants. Les déficits hors pétrole en 2022-2023 ont entraîné une accumulation rapide d’arriérés et une augmentation de la dette publique à environ 70,5 % du PIB, dépassant le plafond fixé par la CEMAC. Ces déséquilibres budgétaires posent des risques de liquidité à court terme et menacent la viabilité de la dette à long terme, pouvant déstabiliser les perspectives macroéconomiques du pays.

Les perspectives économiques du Gabon sont marquées par des risques majeurs. La dépendance continue à la richesse pétrolière, combinée à une diversification encore limitée de l’économie, pèse sur les prévisions de croissance à long terme. La croissance devrait ralentir à environ 2,67 % à long terme, insuffisante pour augmenter le revenu par tête qui stagne depuis des décennies. Les excédents du compte courant devraient également diminuer progressivement.

Pour faire face à ces défis, le FMI souligne l’importance pour les autorités gabonaises de corriger les déséquilibres budgétaires et de progresser dans les réformes relatives à la transparence et à la diversification économique.

Les administrateurs du FMI ont salué le rebond de la croissance et la baisse de l’inflation au Gabon, tout en soulignant que la politique budgétaire expansionniste actuelle et les faiblesses structurelles persistent. Ils ont insisté sur la nécessité pour le Gabon d’adopter un modèle de gouvernance plus transparent et inclusif, de corriger les déséquilibres budgétaires et de diversifier l’économie pour stimuler la croissance et lutter contre la pauvreté.

Une consolidation budgétaire décisive est jugée urgente pour garantir la viabilité des finances publiques, tout en répondant aux besoins sociaux et de développement. Les administrateurs ont recommandé une plus grande efficacité budgétaire et l’adoption de mesures fiscales pour accroître les marges budgétaires. Ils ont souligné l’importance de bonnes pratiques de gestion des finances publiques et ont encouragé les autorités à remédier aux lacunes dans la gestion des entreprises publiques, de la dette, des investissements, et de la fonction publique.

L’amélioration de la gouvernance et de la transparence des comptes publics est cruciale. Le FMI a salué l’engagement du Gabon dans ce domaine, notant que le reporting transparent des comptes publics est une première étape importante. Les efforts doivent se poursuivre, notamment en matière de comptabilisation exhaustive des comptes publics, de publication des contrats miniers, et d’évaluation des recettes du secteur minier.

Les administrateurs ont recommandé des initiatives transversales pour renforcer la gouvernance, améliorer l’environnement des affaires, et assurer la fiabilité des infrastructures énergétiques et de transport. Ils ont également souligné la nécessité de renforcer la solidité du secteur financier, en réduisant les risques liés au lien souverain-bancaire et en corrigeant les déficiences dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Les administrateurs ont encouragé les autorités gabonaises à améliorer la couverture et la qualité des statistiques économiques pour promouvoir la transparence et faciliter la prise de décision. Les prochaines consultations au titre de l’Article IV devraient se dérouler selon le cycle standard de 12 mois.

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