Affluence record aux assemblées générales de la Banque Africaine de Développement (BAD) à Nairobi, avec pas moins de 8 300 délégués, un chiffre souligné par Akinwumi Adesina lors de la clôture. Tenues du 27 au 31 mai, ces assemblées ont mis l’accent sur la réforme de l’architecture financière internationale, une discussion cruciale à laquelle ont participé des leaders tels que William Ruto, Paul Kagamé, Denis Sassou Nguesso, et Dr. Muhammad Al Jasser, président de la Banque Islamique de Développement. Pour rappel, en mai dernier, le FMI a approuvé l’allocation de DTS à la BAD, marquant un tournant significatif. Il s’agit d’un processus bien engagé permettant de passer des billions aux trillions. Le thème de la réaffectation des ressources a également été abordé lors du dialogue entre les institutions de développement par Shanti Bobin, évoquant la redirection de plus de 100 milliards de dollars de DTS vers des banques multilatérales. « Pratiquement, 3/4 de ces fonds ont déjà été alloués », rappelle la fonctionnaire du Trésor français. Interpellé sur le sujet, Sidi Ould Tah, président de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA), a renforcé cette perspective, appelant à une capitalisation accrue des banques de développement multilatérales pour maximiser l’effet multiplicateur des investissements, une vision partagée par Adesina, notant que chaque dollar investi peut générer jusqu’à seize fois son montant initial. Le sommet a également abordé des enjeux financiers plus larges, comme l’inégalité des coûts de financement sur les marchés internationaux pour les États africains, soulignée par une comparaison entre les euro-obligations souveraines africaines et celles des économies avancées et émergentes, avec une différence marquée dans les taux d’intérêt.
Ce 60e anniversaire de la BAD à Nairobi est ressorti non seulement comme une célébration mais aussi comme un cri de ralliement pour un nouvel ordre financier mondial, plus juste et équilibré, qui remet en question et vise à réformer les structures existantes pour mieux répondre aux défis mondiaux de financement du développement. Rendez-vous en Côte d’Ivoire pour les assemblées générales de 2025, qui incluront aussi l’élection du successeur du Nigérian Akinwumi Adesina.



