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Les monnaies africaines en fortes dépréciations par rapport au dollar selon Cbond 

À l’exception du Dirham marocain, en hausse de 5,37% en 2023 par rapport au dollars, de l’Escudo Cap-Verdien (en hausse de 3,02%) , du Franc CFA (3,02), du Dinar Algérien (2,09) et du Dinar Tunisien (1,49%), toutes les monnaies africaines ont été dépréciées par rapport au billet vert américain selon les données de Cbond. La…

À l’exception du Dirham marocain, en hausse de 5,37% en 2023 par rapport au dollars, de l’Escudo Cap-Verdien (en hausse de 3,02%) , du Franc CFA (3,02), du Dinar Algérien (2,09) et du Dinar Tunisien (1,49%), toutes les monnaies africaines ont été dépréciées par rapport au billet vert américain selon les données de Cbond. La cause conjoncturelle restant la hausse du dollar en réponse à l’augmentation des taux d’intérêts américains et à la détérioration des balances extérieures des pays africains concernés, souvent exportateurs de matières premières comme le pétrole et le cuivre, en baisse sur l’ensemble de l’année 2203. La diminution des réserves de change a précipité la dépréciation des devises africaines et affaibli les perspectives rattachées à leurs cotes de crédit auprès de Moody’s. Ainsi, le Cameroun, le Ghana, le Kenya, Maurice, le Mozambique et l’Ouganda sont en perspectives négatives chez Moody’s. Chez Standard and Poor’s, seuls trois pays sont en perspective positive. Il s’agit du Bénin, du Botswana et du Maroc. Fitch est encore plus sévère, plaçant l’Egypte en perspective posiive (après que ce pays ait touché le fond) et le Rwanda, économie modèle au sens macroéconomique. Bref, la spirale de la contraction des réserves de change, dépéraciation monétaire et baisse des notations souveraines concerne beaucoup d’économies africaines.

La raison structurelle restant l’instabilité politique, la faible gouvernance macroéconomique et la tendance, pernicieuse, à user de la planche à billets en émettant de la monnaie, ce qui revient à créer de l’hyperinflation. Ce tableau réalisé par la plateforme mondiale Cbonds, partenaire de Financial Afrik, montre une idée claire de l’importance de la discipline monétaire dans la politique économique. Le Naira du Nigeria enregistre la forte dépéréciation, soit 100% alors que le Kwanza de l’Angola, le Kwacha de la Zambie et le Franc Bouroundais affichent des niveaux de contre-performances éloquents. La forte dévaluation des monnaies africaines renchérit les importations, favorise l’inflation et la vie chère. Sur le plan macroéconomique, l’affaiblissement des monnaies locales alourdit le service de la dette et expose les pays concernés aux défauts de paiement. La perspective de l’évolution de ces monnaies africaines est frappée du sceau de l’incertitude, opine l’analyse de Cbonds basée, rappelons-le, sur des données réelles et quasi-instantanées et une photographie en continu des mouvements vendeurs et acheteurs sur le marché des changes et le marché des capitaux. Face à un tel contexte, la réponse passe nécessairement par le retour aux fondamentaux, à la discipline budgétaire et aux équilibres macroéconomiques en général. Du reste, l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Maroc et la Côte d’Ivoire sont ls plus exposés aux Eurobonds. L’encours total africain est e 276 milliards de dollars soit, seulement, 11% du PIB. Vu sous cet angle, il ny a pas péril en la demeure. Seulement, s’alarmait le FMI en septembre 2023, le réédenttement du continent s’est fait à un rythme soutenu, allant plus vite que la courbe du PIB/ Le ratio d’endettement moyen en Afrique subsaharienne a presque doublé en seulement dix ans, passant de 30 % du PIB à la fin de 2013 à un peu moins de 60 % du PIB à la fin de 2022. Le mur de la dette se rapproche pour de nombreux pays à l’instar de l’Ethiopie qui, d’avoir trouvé les 33 millions de dollars dus à ses créanciers avant la fin de l’année, a fait défaut, rejoignant la Zambie. Face aux difficultés d’aller sur le marché financier classique, les émetteurs africains ont la posibilité de recourir aux compartiments dédiés à la finance verte , green bonds, ESG bonds et Sukuk, encore modestes.

À propos de cette colonne

Retrouver chaque mois dans le magazine Financial Afrik, le reporting des obligations africaines avec pour ce mois, un point sur la performance des monnaies africaines mais aussi le tableau des cotes de crédit selon les agences de notation, l ‘évolution des CDS et l’évolution du volume des eurobonds africains en circulation . Des tableaux et des courbes que nous recommandons aux ministères des Finances, aux directions des Budgets et du Trésor, aux banques centrales, aux maisons de courtage, aux investisseurs désireux de prendre position sur les obligations africaines et aux étudiants.


Kamal Mohammadia, Cbond

Source : Financial Afrik Numero 110

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