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Mauritanie : l’inclusion financière, plus importante que la stabilité financière …

Par Bakari Gueye, Nouakchott. [1USD = 39,70 MRU] La  Banque Centrale de Mauritanie (BCM) a organisé, jeudi 16 mai 2024  à Nouakchott, une journée nationale  sous le thème : « Pour une croissance accélérée et une prospérité partagée ». En marge de cet événement, le Premier ministre, Mohamed Bilal Messaoud (photo), a souligné  l’importance de l’inclusion financière, présentée comme un…

Par Bakari Gueye, Nouakchott.

[1USD = 39,70 MRU] La  Banque Centrale de Mauritanie (BCM) a organisé, jeudi 16 mai 2024  à Nouakchott, une journée nationale  sous le thème : « Pour une croissance accélérée et une prospérité partagée ». En marge de cet événement, le Premier ministre, Mohamed Bilal Messaoud (photo), a souligné  l’importance de l’inclusion financière, présentée comme un gage de stabilité financière et de croissance économique.

Progrès dans la mise en place des cadres juridique et réglementaire

M. Ould Bilal a également mentionné : « L’adoption des textes d’application de la loi relative aux services et moyens de paiement électroniques qui a permis d’agréer de nombreuses institutions de paiement et de monnaie électronique, l’élargissement de l’accès inclusif aux services financiers, en particulier pour les citoyens qui en ont le plus besoin ».

Le gouverneur de la BCM, Mohamed Lemine Ould Dhehby, a affirmé que tous les efforts sont déployés aujourd’hui pour assurer les conditions appropriées garantissant l’accès de tous les citoyens aux produits et services financiers nécessaires à la réalisation de leurs aspirations”. 

M. Ould Dhehby a également fait le point sur les réformes du secteur bancaire mises en œuvre depuis 2022, notamment la réforme de la gouvernance dans les banques et la définition du modèle de rapport annuel sur ce sujet, pour la modernisation des opérations de contrôle et la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme au niveau des banques primaires.

Ces réformes ont également concerné la modernisation du cadre réglementaire, l’activation du Fonds de garantie mauritanien, la mise en œuvre du système de transfert automatisé et du dépositaire central des titres (ATS-CSD), le développement des produits et services financiers, et l’approbation de plusieurs stratégies nationales visant l’inclusion financière.

Le premier et principal panel de cette journée a exploré le rôle de l’inclusion financière dans le développement économique et social de la Mauritanie.

L’inclusion financière, un outil pour la lutte contre la pauvreté

Dans son intervention, le gouverneur de la BCM s’est en outre  félicité de l’octroi récent de plusieurs agréments pour les Fintech et de l’investissement de l’institution dans un système de paiement instantané avec le soutien de la Banque Mondiale, soulignant : « Nous sommes prêts à sacrifier la stabilité financière pour l’inclusion financière. »

Anta N’Doye, représentante du FMI en Mauritanie, a célébré la dynamique engagée autour de cette question, notant une forte corrélation positive entre l’inclusion financière, la création d’emplois et le développement économique. Elle a aussi souligné l’importance de la finance numérique pour un pays vaste et peu densément peuplé comme la Mauritanie. L’accès facilité au cash et à l’épargne contribue à la résilience économique, a-t-elle conclu.

De son côté, Cristina Panasco Santos, responsable des opérations de la Banque mondiale pour la Mauritanie, a affirmé que l’institution met son expertise au service de la Mauritanie dans le cadre du soutien à l’inclusion financière, profitant ainsi à la BCM et au ministère chargé du Numérique.

Abondant dans le même sens, Katia Mehanneche, représentante de l’Alliance pour l’Inclusion Financière, a indiqué que le défi de l’inclusion financière est grand en Mauritanie, se référant à une enquête de l’Agence Nationale de la Statistique et de l’Analyse Démographique et Économique (ANSADE),  selon laquelle 77 % des personnes interrogées, vivant avec moins de 3000 MR par mois (75 dollars) , se considèrent comme pauvres. L’inclusion financière permet donc d’intégrer économiquement ces couches vulnérables grâce au digital.

En Mauritanie, seules 15 % des femmes sont incluses financièrement.

Poursuivant la réflexion, Mohamed Saleh Hanchi, Delegué General  de l’Association Professionnelle des Banques de Mauritanie (APBM), a rappelé que les banques sont pleinement engagées dans l’inclusion financière, contrairement à certaines perceptions. Il a salué les progrès réalisés dans le domaine de la bancarisation, avec l’ouverture de plus de 600 000 comptes en un an. Il a ajouté que les banques travaillent en collaboration avec les institutions de microfinance, qui jouent un rôle crucial en tant qu’agents de proximité.

M. Hanchi a également mis en avant les formations qualifiantes et diplomantes bénéficiant aux cadres des banques, incluant un module sur l’inclusion financière, soulignant que l’éducation financière est un maillon essentiel à intégrer dans les cursus scolaires.

Sid’Ahmed Ould Bouh, membre du Comité de Pilotage de l’inclusion financière, a estimé que les cinq axes suivants doivent être couverts : l’inclusion financière et le développement social, l’inclusion financière et la régulation, l’inclusion financière et la digitalisation, l’inclusion financière et la comptabilité, et enfin l’inclusion financière et l’autonomisation des groupes vulnérables.

Abondant dans le même sens, le banquier Mohamed Sidi Rassoul pense que pour mettre en œuvre l’inclusion financière, il convient de mettre l’accent sur trois paramètres : l’accès, le paiement et la qualité.

Les experts ont également abordé l’impact des fintechs et de la monnaie numérique des banques centrales sur la stabilité financière, la responsabilité du régulateur ; le rôle de l’éducation financière et de la protection des consommateurs dans le soutien à l’inclusion financière ; l’impact potentiel d’un financement vert et inclusif sur le développement durable et la lutte contre les changements climatiques.

L’exposition organisée parallèlement à la journée a permis à des dizaines d’institutions bancaires, de microfinance et d’entreprises spécialisées dans la finance digitale de présenter leurs produits et de montrer leur savoir-faire.

Il convient de noter que cette journée sur l’inclusion financière a été marquée par la présence des responsables économiques et financiers, des principaux partenaires techniques et financiers, de chercheurs et d’autres acteurs de la société civile.

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