Lundi 2 novembre 2026

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Finance africaine — depuis 2013

L’Afrique reste au cœur des priorités du Groupe de l’Agence française de développement

Par Christine Holzbauer, à Paris. Malgré le surendettement des États africains, les résultats del’Agence française de développement (AFD), qui viennent d’être présentés à Paris, montrent qu’en 2023 l’Afrique, plus que jamais, reste une priorité pour le groupe. C’est vrai pour le financement du secteur public et des ONG par l’AFD, comme pour celui de ses deux filiales : Proparco pour le financement du secteur privé et Expertise France pour la coopération technique. Contrairement aux banques privées françaises qui se…

Par Christine Holzbauer, à Paris.

Malgré le surendettement des États africains, les résultats del’Agence française de développement (AFD), qui viennent d’être présentés à Paris, montrent qu’en 2023 l’Afrique, plus que jamais, reste une priorité pour le groupe. C’est vrai pour le financement du secteur public et des ONG par l’AFD, comme pour celui de ses deux filiales : Proparco pour le financement du secteur privé et Expertise France pour la coopération technique.

Contrairement aux banques privées françaises qui se désengagent de plus en plus du continent, le groupe de l’Agence française de développement (AFD) n’a jamais été aussi présent en Afrique. C’est ce qui ressort du petit déjeuner de presse organisé le 14 mai au siège de l’Agence à Paris où ont été détaillés les chiffres consolidés de l’exercice 2023, en hausse. Avec 13 milliards d’euros pour financer 1000 projets, le directeur général de l’AFD, Rémy Rioux, s’est réjoui d’un tel résultat « inespéré, dans un contexte de contraction des finances publiques au niveau national ayant affecté le niveau d’aide publique au développement (APD) versé par la France », a-t-il néanmoins reconnu. Un satisfecit également adressée à Proparco avec 2 milliards d’euros de projets signés en 2023 et à Expertise France, dont l’activité a triplé depuis 2015, avec près de 600 millions d’euros de signatures, a-t-il précisé.

La part de l’Afrique dans ces résultats est, elle aussi, encourageante avec l’AFD, présente dans 120 pays et territoires d’Outre-mer, mais dont près de 40 % du volume des projets signés en 2023 l’ont été en Afrique. Ce qui représente un chiffre d’affaires de 3,4 milliards d’euros. Proparco, pour sa part, a réalisé 49% de son chiffre d’affaires (soit 820 millions d’euros) en Afrique en 2023, première année de déploiement de sa nouvelle stratégie, avec comme autre priorité le climat et la réduction des inégalités dues au genre. Quant à Expertise France qui intervient dans plus de 170 pays et territoires, son activité reste également concentrée sur le continent africain avec 229 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit plus de la moitié (59%).

Des États  africains surendettés

Ainsi le Groupe AFD, dont la vocation est de mettre en œuvre la politique de la France en matière de développement et de solidarité internationale, continue de faire de l’Afrique sa priorité, comme avec par exemple l’Initiative Choose Africa 2. Rémy Rioux a toutefois reconnu que si les engagements de Proparco et d’Expertise France ont atteint des niveaux records en 2023, la part de financements publics par l’AFD « marche moins bien » à cause de la moindre capacité des Etats africains à obtenir des prêts. « Le secteur privé en Afrique est insuffisamment endetté, alors que le secteur public, lui, est trop endetté », a-t-il insisté. Il a toutefois relativisé en précisant que si l’AFD intervient « partout en Afrique », trois pays (Maurice, Madagascar et les Comores) sont comptabilisés dans une autre zone géographique ce qui réduit les encours. Un projet de financement à l’Afrique du Sud a également dû être reporté, a-t-il ajouté, sans minimiser les flux négatifs y compris entre l’Afrique et la Chine, mais en appelant de ses vœux une vigilance accrue pour ne pas trop tarir les financements publics.

Concernant plus spécifiquement les engagements de l’AFD à l’égard des trois Etats « putschistes » de l’AES, c’est Olivier Bruyeron, Président de Coordination Sud, qui a répondu. Concernant le Mali, ces sont les autorités militaires qui ont demandé aux ONG de ne plus recevoir des fonds français. Ce qui a arrêté les projets en cours. Tandis qu’au Niger et au Burkina Faso, la demande a été faite que l’Etat français maintienne son APD aux populations. Pour l’instant, « il n’y a pas eu de bilan sur l’impact de cet arrêt au Mali, mais la volonté de mobiliser d’autres moyens de financements par l’intermédiaire des organisations de la société civile (OSC) est forte », a précisé Olivier Bruyeron.

Renforcer le financement des ODD

Premier partenaire global de la Banque mondiale en nombre de projets, à l’initiative du mouvement Finance in Common (FiCS) depuis 2020, et impliqué dans les trois réseaux européens (JEFIC, EDFI et le Réseau des praticiens), le groupe AFD coopère avec un grand nombre d’institutionsfinancières, notamment avec l’Italie, l’Allemagne et la Pologne. L’AFD travaille, ainsi, à la définition d’une nouvelle architecture financière mondiale, engagée lors du Sommet pour un nouveau pacte financier en juin 2023, à Paris, qui concerne au premier chef l’Afrique. « Face à la montée de la violence et de l’instabilité géopolitique, l’on observe un regain de la coopération internationale pour le développement durable. C’est dans ce contexte que le groupe AFD se mobilise et mobilise les acteurs de la politique d’investissements solidaires et durables (ISD). Ce rôle de plateforme de mobilisation se traduit par des résultats et des impacts au bénéfice des plus vulnérables et de la protection des biens communs », a rappelé Rémy Rioux.

Pour répondre à l’accroissement des besoins de financement que l’APD seule ne peut pas combler, notamment en ce qui concerne l’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD), le groupe cherche à mobiliser toujours plus de leviers financiers, via notamment le secteur privé ou les fondations, comme la Fondation Bill Gates. Avec des résultats : grâce aux projets financés par le groupe AFD en 2023, plus de 70 millions de personnes dans le monde ont vu leur accès aux soins de santé amélioré, 4 000 km de voies terrestres interurbaines ont été créées ou réhabilitées, 33 millions d’hectares ont bénéficié de programmes de conservation/restauration de la biodiversité terrestre. Les partenariats hexagonaux ont également été renforcés : 317 organisations de la société civile française et internationale ont ainsi été financées en 2023. Le Groupe a également travaillé avec 12 collectivités territoriales françaises dans des projets de coopération décentralisée avec plus de 73 % des projets en cours de mise en œuvre impliquant au moins un acteur économique français. Enfin, 8 % des collégiens et lycéens français ont été sensibilisés aux grands enjeux de développement durable et à la solidarité internationale. Et près de 4 millions de jeunes ont été touchés sur les réseaux sociaux, en particulier par Tilt! le média dédié animé par l’AFD. Une initiative que l’on aimerait voir dupliquée sur le continent où les jeunes Africains s’informent également par le biais des réseaux sociaux et sont donc très exposés aux fake news. 

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