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Pétrole : à Niamey, le blocus du Bénin irrite le premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine

Le blocus imposé par le Bénin aux exportations pétrolières du Niger a déclenché une vive réaction du Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine. Dans une déclaration lors d’une conférence de presse tenue le 12 mai à Niamey, la capitale, Zeine a exprimé son inquiétude quant à cette action, qu’il a qualifiée de violation flagrante…

Le blocus imposé par le Bénin aux exportations pétrolières du Niger a déclenché une vive réaction du Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine. Dans une déclaration lors d’une conférence de presse tenue le 12 mai à Niamey, la capitale, Zeine a exprimé son inquiétude quant à cette action, qu’il a qualifiée de violation flagrante des accords commerciaux bilatéraux ainsi que des accords avec les partenaires chinois du Niger. Cette mesure intervient en réponse à la fermeture de la frontière entre les deux pays, une décision prise par le Niger pour des raisons de sécurité.

Cependant, cette fermeture a entraîné le blocage des navires transportant du pétrole brut nigérien dans les ports béninois, mettant ainsi en péril un important projet d’exportation de pétrole brut du Niger, évalué à 400 millions de dollars en partenariat avec la China National Petroleum Corp. Zeine a souligné que le blocus contrevient à plusieurs accords conclus entre le Bénin, le Niger et les partenaires chinois, notamment le projet Petro China qui comprend la construction d’un nouvel oléoduc reliant le champ pétrolier d’Agadem au port de Cotonou au Bénin. En réponse, le Bénin a déclaré qu’il lèverait le blocus uniquement si le Niger rouvre sa frontière aux marchandises béninoises et normalise les relations entre les deux pays. Cependant, Zeine a rappelé qu’un accord d’exportation de pétrole stipulait que le Bénin ne pouvait pas unilatéralement modifier ou limiter les accords sans le consentement de toutes les parties impliquées. Cette situation aggrave les tensions déjà présentes depuis le coup d’État de juillet 2023 au Niger, qui a entraîné des sanctions régionales imposées par la CEDEAO pendant plus de six mois.

Quant à la suite des événements, Zeine a affirmé que le Niger ne cédera pas à la demande du Bénin de rouvrir complètement sa frontière pour des raisons de sécurité, citant la présence présumée de bases terroristes sur le territoire béninois. Cette affirmation souligne les défis sécuritaires auxquels le Niger est confronté depuis une décennie, avec des groupes armés affiliés à des organisations comme l’État islamique et Al-Qaïda cherchant à étendre leur influence dans la région du Sahel. Cette impasse commerciale soulève des préoccupations quant à l’impact économique et sécuritaire pour les deux pays et souligne la nécessité d’une résolution diplomatique rapide pour éviter toute escalade dans la région déjà instable du Sahel.

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