Coup dur en Côte d’Ivoire. Malgré les incitations fiscales, telles qu’un impôt de 0 % pendant les cinq premières années suivi d’une réduction de 50 % du taux normal les cinq années suivantes, et des exonérations douanières visant à attirer les investisseurs et à accroître la transformation locale des produits agricoles, la courbe du broyage local de fèves continue de défier les prévisionnistes. Ainsi, le volume de cacao broyé n’a pas dépassé 41 019 tonnes en avril, selon des indications de l’Association des exportateurs (GEPEX), publiées le 10 mai. Ce chiffre représente un recul d’environ 20 % par rapport à l’année précédente. Sur la période allant d’octobre à fin avril, le pays a broyé 380 031 tonnes de cacao, soit une baisse de 9 %.
Cette tendance est en contradiction avec la capacité installée de broyage de fèves de cacao, passée à 972 000 tonnes, correspondant à un taux de transformation locale de 31 %. En juillet dernier, le groupe malaisien GCB Cocoa, avec un investissement de 70 millions d’euros, avait inauguré son usine dans l’objectif de transformer 240 000 tonnes de fèves par an en produits semi-finis et en ingrédients de chocolat. La première phase achevée devait permettre le traitement de 60 000 tonnes par an.
La Côte d’Ivoire compte 12 entreprises disposant de 14 usines pour la transformation primaire, incluant le broyage du cacao en masse de cacao, en beurre de cacao et autres, a ajouté Kobenan Kouassi Adjoumani. Avec une production de plus de 2 200 000 tonnes lors de la campagne 2022, la Côte d’Ivoire occupe la première place mondiale des pays producteurs de cacao. Le pays s’est fixé pour objectif de transformer 100 % de sa production d’ici à 2030. Il va falloir relever la cadence.
