Afrobaromètre, un réseau indépendant à but non lucratif, a sondé un échantillon de 1.200 adultes ivoiriens pour avoir leur opinion sur des indicateurs socio-économiques qui s’avèrent essentiels pour les prises de décision. Ce 10e round de sondage – déjà exécuté dans 42 pays africains – présenté le 8 mai 2024 à Abidjan a fait ressortir trois principaux besoins des Ivoiriens au niveau de la Côte d’Ivoire. A savoir, selon Dr Caroline Blé, membre de l’équipe du sondage, le chômage, la santé et l’augmentation du coût de la vie, des sujets auxquels le gouvernement devrait accorder la priorité.
Elle résume le travail méthodologique de cette étude en deux points : le gouvernement ivoirien ne se préoccupe pas des défis des jeunes, et le chômage constitue l’un des principaux problèmes du pays. Selon l’ingénieur-statisticien, Mahutin Anselme Houéssigbédé, également membre de l’équipe du sondage, qui a présenté les résultats globaux de ce travail, « seulement 6% des sondés affirment qu’un jeune de leur ménage a bénéficié d’un programme du gouvernement destiné à la jeunesse pendant l’année écoulée (2023) dédiée à l’année de la jeunesse.
Aussi la majorité des jeunes ivoiriens pensent-elles que le gouvernement actuel répond « plutôt mal », voire « très mal », aux problématiques de la stabilité des prix (88%), de la réduction du fossé entre riches et pauvres (81%), de l’amélioration des conditions de vie des pauvres (74%) et de la création d’emploi (63%).
Des résultats contestés
Les résultats de cette dissémination qui planchait également sur le thème : « jeunesse ivoirienne face aux défis économiques », ont été contestés par des membres de certains ministères, notamment le ministère en charge de la Jeunesse quant à la représentativité de l’échantillon qui n’obéirait pas à une démarche rigoureuse. Quant au Professeur Marcel Bénié Kouadio, Maître de Conférences, Agrégé en Economie à l’Université Felix Houphouët Boigny d’Abidjan Cocody, certains points du sondage méritent des éclaircissements, mais il a globalement salué l’enquête qui devra permettre au gouvernement de mieux cibler les problèmes des jeunes. Mettant également l’accent sur le chômage tel que perçu par les institutions onusiennes et la réalité du terrain.
D’après Hassane Diallo, Coordonnateur Afrique pour Afrobarometre, qui a travaillé en partenariat avec le cabinet national Zechlab, le sondage a été rigoureux. Il a démarré le 7 janvier pour prendre fin le 13 janvier. Après cette étape, ont suivi la vérification, l’analyse et la présentation. Pour le directeur général de Zechlab, Kouamé Frédéric Tano, ce sondage est un plaidoyer, lequel permet d’avoir l’avis du citoyen lambda de mieux orienter les politiques publiques.
