Lors de la présentation du rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique sub-Saharienne, ce lundi 29 avril à Abidjan, le chef de division des études régionales du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), Luc Eyraud, a souligné que la dette des pays d’Afrique subsaharienne s’est stabilisée à 60% du PIB l’année dernière, après 10 années d’augmentation continue.
Le responsable du Fmi prévoit que pour la première fois, on devrait observer une baisse de la dette à la fin de 2024. « Cette bonne nouvelle dépend de deux facteurs. Le premier c’est qu’on a une reprise économique qui augmente le PIB. Et les pays d’Afrique subsaharienne ont commencé à mettre en place des politiques très sérieuses de rééquilibrages des finances publiques. On a un ajustement entre 2022 et 2025 de 3% du PIB, quasiment 1% l’an. C’est un ajustement ambitieux qui nous semble crédible ». Et d’encourager les pays à continuer leur politique d’ajustement qui porte, dit-il, des fruits.
Le ministre ivoirien des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, prenait également part à cette présentation en compagnie de la Représentante résidente du FMI en Côte d’Ivoire, Aminata Touré, et du vice-président chargé des technologie et des services institutionnels, Simon Mizrah. Il a signifié que malgré la situation difficile des 2/3 des pays africains (soit surendettés soit en état de risque élevé), la Côte d’Ivoire se trouve dans la catégorie de risque modéré avec des indicateurs de solvabilité excellents et des indicateurs de liquidité en révision.
« Il y a un point qui a attiré notre attention, concernant les indicateurs de solvabilité, c’est dans cette optique que le programme économique et financier qui a été conclu avec le FMI met l’accent sur la mobilisation de ressources internes ce qui nous permettra de régler l’indicateur de liquidité du service de la dette rapporté aux recettes », a-t-il relevé.
Concernant le retrait du Mali, du Niger et du Burkina de la CEDEAO, Luc Eyraud a révélé que son équipe est en train d’évaluer l’impact économique que cela aura sur ces pays et sur la sous-région. « Notre analyse préliminaire, c’est que l’impact sur le commerce devrait être limité parce que ces trois pays ont décidé de quitter la CEDEAO, mais il est important de préciser qu’ils n’ont pas décidé de quitter l’UEMOA. Dans la mesure où une grande partie de leur commerce de ces pays se fait avec l’UEMOA. Par contre cette annonce de sortie de la CEDEAO crée de l’incertitude et ça pourrait avoir de l’effet sur la croissance économique via le canal de l’investissement et aussi la question des coûts de financements sur le marché régional ».
